‹ Le Consulat et l'EmpireChapitre 14 sur 300 · CHAPITRE LXXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXX

sur-le-champ, à Wilna même, sans rien laisser en arrière. Mais l’évacuation du territoire rusise étant au préalable impérieusement exigé, la mission de Baiachow n’eut aucun résultat.

k l’occasion de cette mission , on a donné tdrt à l’Empereur, et on lui a prêté des propos plus qu’acerbes tenus à l’envoyé russe sur son maître ^ et à Caulaincourt une réprimande de la dernière violence, à ÏTapoléon. Dans les propos, on n’a été que l’écho des Russe.s *, on ne peut croire à tant d’inconvenances de la part du grand-écuyer, à tdbt de tolérance de la part d’un prince qui n’était pas accoutumé à les entendre. On ne peut pas élever de doute sur la condition exigée par Balâchow. Dans sa lettre, du a 3 juin, au commandant de Saint-Pétersbourg pour lui annoncer la guerre , Alexàndre écrivait ; ei Je rte poserai pas les armes, mht qu’un seul guerrier ennemi sera sur le territoire de mon empire.»

Les Russes ne tenaient nulle part devant Murat ^ il entra le 4 juillet à Swenziani. Barclay de Tolly se hâtait de gagner le pont dé Drüia , et Wjtgenstein celui de Dunaboürg. A la gauche Macdonald avait quitté Rossiena et s’avançait dans la Samogitie et la Courlande que l’ennemi lui abandonnait. A la droite la poursuite des corps russes qui avaient perdu leur route, n’eut pas les résultats que Napoléon s’en état promis. Après avoir donné successivement contre plusieurs têtes de colonnes qui lui fermaient le chemin de Swenziani , Doctorotv , par de longs détours et des marches forcées , devança Nansouty k

EMPIRE. AN l8ia.

Swir,d’où, en sacrifiant partie de ses bagages, il se* chappa et rejoignit l’arrière-garde de Barclay deTolly. Dorokow et Platow ne furent pas aussi heureux. Ayant trouvé fermés les débouchés sur Ocbmiany et Smorgony, ils se décidèrent à rétrograder sur Bogdanow et Wologin pour se rallier à Bagration. Informé par eux que cette route , par laquelle il se dirigeait pour gagner la Dwina , était coupée par le maréchal Davoust , le général rétrograda le 5 pour aller chercher par Mir une route qui le ramenât vers Minsk. Mais Davoust avait pris les devans pour l’y précéder, et si le roi de Westphalie ne perdait pas de temps , Bagration devait entre ces deux corps se trouver gravement compromis. Toute l’attention se portait sur son armée. Napoléon écrivait au roi de Westphalie qui était entré, le 3o, à Grodno : a Lancez les Polonais, mettez l’avant-garde aux ordres de Poniatowsky, donnez-lui tout ce que vous avez de troupes légères, et vous-même tenez-vous toujours à portée de le soutenir. Ne craignez pas de compromettre vos troupes. Bagration a bien autre chose à faire qu’à se retourner pour combattre et pour manœuvrer; il ne cherche qu’à gagner du pays. Harcelez donc les Russes ; retardez leur marche s’ils avancent, barrez -leur le chemin s’ils reculent. »

La perte de temps , occasionée par le faux mouvement de Bagration sur Vologin par Nicolaew, avait 'donné à Jérôme la faculté d’arriver sur les derrières de cette armée. Les Russes en conviennent. Mais il

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