CHAPITRE LXXX
hésita alléguant les mauvais temps ; il est vrai que pendant 36 heures il avait tombé des torrens de pluie; mais les Russes n’en avaient pas été plus à l’abri que les Français. « Il est impossible, lui écrivit Napoléon , de manœuvrer avec plus de maladresse. Vous serez cause que Bagration aura le temps de se retirer; vous m’aurez fait perdre le fruit des combinaisons les plus habiles ; et la plus belle occasion qui puisse se rencontrer dans cette guerre. »
Une troisième armée, celle de Schwarzenberg , était chargée de poursuivre Bagration. Napoléon l’avait appelé de la Gallicie pour entrer dans l’armée qu’il commandait en personne. L’Empereur. d’Autriche, dit-on, le lui avait demandé à Dresde;» mais Napoléon avait déjà bien d’autre.s raisons pour que la garde du grand-duché de Varsovie ne restât; pas confiée aux Autrichiens. Sa méfiance n’était pas . déplacée. Le colonel Boutourlin a révélé ( tom. i , p. laS) que la neutralité de la Gallicie avait été maintenue sur le principe que l’Autriche , quoique auxiliaire des Français , n’était pas en état de guerre avec la Russie. Napoléon laissa la garde du grand-duché au général Reynier dont le corps était composé de Polonais et de Saxons. Schwarzenberg avait passé le Bug le i" juillet et se dirigeait sur Slonim.
Napoléon créa une commission prévôtale pour juger les crimes de pillage et maraudage, et trois colonnes mobiles pour en arrêter les auteurs. Il ordonna l’établissement à Wilna d’hôpitaux pour six mille malades, la construction d’une citadelle sur les rui-
nés du palais des Jagellous pour la sûreté de ce premier centre des opépatioms, et d’un eamp retranché sur la rivedroitede la Yilia, pour les milices delà provinoe. Il nomma son aide^e-camp, le général hollàndaU Hogendop, gouverneur militaire de cette ville, et le remplaça à KœUigsberg par le général Loison. Augereau reçut l’ordre d’amener sa réserve des bords du Rhin sur l’Elbe et l’Oder, et Victor celui d’échelonner son corps entre le Niémen et la Vistule.
lies reprochea que Napoléon avait adre^és au roi de Westphalie et ses prévisions ne se trouvèrent que trop fondés. Bagratiou arriva, le 5, àKorelitsa et le 6 à Mir, laissant à trois journées en arrière Jérôme parti le 1" deGrodno. Le général russe prit la route, de Minsk. Apprenant que Davoust l’y avait prévenu, il s’arrêta à Roïdanow; renonçant à l’espoir de réjoindre Barclay dé ToUy au camp de Drissa , U chercha par un détour sur sa droite à gagner la seule route qui lui restait. Celle de Bobruisk. Le 8 il atteignit Nesswig , où il fut forcé de séjourner pour donner quelque repos à ses troupes harassées par neuf jours de marche , et le temps à son artillerie et à ses bagages de le réjoindre. Sa position était toiujours critique ; mais Dayoust, qui n’avait que la moitié de son corps d’armée, ne la connaissant pas avec précision , restait immobile à Minsk , et Jérôme était toujours en arrière. Cependant les Polonais qui formaient son avant-garde s’avancèrent sur Mir, où leur cavalerie eut les 9 et 10 deux engagemrns avec Platow et Wazilaikoff. Elle eomhat-