CHAPITRE XCI
opposerait de la fermeté aux prétentions exagérées des alliés; cependant il ne dissimulait pas que c’était contre la France qu’elle était armée. Si le 10 août les bases de la paix n’étaient pas signées , une déclaration accompagnerait la dénonciation de l’armistice; jusqu’au 10 août, elle ne prendrait pas d’engagement.
Caulaincourt , assez ingénument, se louait des formes et du ton de Metternich et de tout ce qui était autrichien; il y voyait même de la recherche, ne soupçonnant pas que c’était pour le mieiix tromper. D’un autre côté, il ne dissimulait pas à l’Empereur que tout lui prouvait que les Autrichiens se croyaient très forts et qu’ils avaient pris leur parti sur la guerre. En effet , Metternich lui disait encore que des batailles perdues par les alliés ne leur feraient pas signer une paix différente de la paix honorable qu’on pourrait faire aujourd’hui, tandis qu’une seule bataille perdue pour la France changerait totalement la question.
Le 3 août, l’Empereur quitta Mayence, et, le len- , demain fut de retour à Dresde. C’est alors qu’il rendit cette fameuse décision sur les régisseurs de l’octroi d’Anvers, accusés de dilapidations; traduits devant la cour d’assises de Bruxelles, ils furent déclarés par le jury non coupables et acquittés. Napoléon chargea le grand-juge d’ordonner au procureur général de recueillir des juges ce qui était à leur connaissance , et' leur opinion sur la scandaleuse déclaration du jury; de suspendre le jugement.
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de remettre les prévenus sous la main de la justice, de réapposer le séquestre sur leurs biens. L’intention de l’Empereur était, qu’en vertu du § 4 de l’ai' ticle 55 du titre 5 des constitutions de l’Empire, le grand-juge présentât dans un conseil privé , présidé par la régente , un projet de sénatus-consulte pour annuler le jugement, et envoyer l’affaire à la Cour de cassation, qui désignerait une autre çour impériale par-devant laquelle la procédure serait recommencée et jugée , les chambres réunies et sans jury; que le procureur général , autorisé par un, article du sénatus-consulte, poursuivit ceux des jurés que la clameur publique accusait d’avoir cédé à la corruption.
Dans cette circonstance, quoiqu’il fût dans ses principes et dans sa volonté que ses tribunaux administrassent la justice avec la plus grande indépendance, cependant comme Us l’administraient en son nom et à la décharge de sa conscience, l’Em^ pereur ne pouvait pas ignorer, ni tolérer un pareil scandale, ni permettre que la corruption triomphât, et marchât tête levée â Anvers et à Bruxelles. Il es-pérait que sa bonne ville d’Anvers serait consolée par cette juste décision souveraine, et qu’elle y verrait la sollicitude qu’il portait à ses peuples , même au milieu des camps et des circonstances de la guerre- ‘
I.A disposition du sénalua-oonsulte, du ifi thermidor an X, portant que le sénat annulait les juge-
^ L«Ure uu gi’uriH'jtige. Dent;! du 4 attùt. • 1