‹ Le Consulat et l'EmpireChapitre 144 sur 300 · CHAPITRE XCr · texte numérisé non relu

CHAPITRE XCr

langage hypocrite adopté par la diplomatie : Guerre à Napoléon, et non à la France, cependant, refoulée dans ses anciennes limites, ou tout au plus sur la rive gauche du Rhin ; ainsi devait parler le vainqueur de Hohenlinden.

La négociation officielle ou patente marchait de front avec la négociation secrète. Tandis que Caulaincourt demandait à Metternich le mot de l’Autriche, les plénipotentiaires français répondaient par une note, du 6 août , à celle du ag juillet. Pour lever toutes les difficultés et concilier toutes les prétentions, ils proposaient d’admettre concurremment les deux modes de négociation, c’est-à-dire la remise de notes au médiateur et des conférences régulières. Dans cette note, il était dit que, dès la négociation de l’armistice du 4 juin , la Russie avait manifesté ses intentions, et donné à connaître qu’elle avait ouvert les négociations, non dans le but de la paix, mais dans la vue de compromettre l’Autriehe, et d’étendre les malheurs de la guerre.

A cette phrase, saisis d’un accès violent de susceptibilité, les plénipotentiaires ennemis semblèrent perdre de vue la question principale, pour ne s’attacher qu’à une inculpation qu’ils regardaient comme une injure pour leurs cours , pour le médiateur même. Leurs notes ne furent plus remplies que de hauteur , d’amertume , de récriminations; celles des plénipotentiaires français conservèrent du moins le ton de la modération. C’était à la puissance médiatrice à terminer ces débats. Des deux côtés , 011

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s’en remettait à elle; mais évidemment elle ne le voulait pas, et montrait même de la partialité eh faveur des ennemis. On arriva ainsi au lo août, sans être plus avancé que le premier jour.

Du reste, s’il y avait encore quelques chances de paix, ce n’était plus dans la négociation ostensible, tout dépendait désormais de la négociation secrète avec l’Autriche. Son mot était dur pour Napoléon, accoutumé à faire la loi, jamais il ne l’avait reçue.

, Ne pouvant croire que ce fut un ultimatum, une condition à accepter ou à refuser sur l’heure, sous peine de la guerre, il délibéra pendant toute la journée du 9 août, et répondit en ces termes :

Il n’y aiira plus de duché de Varsovie : soit; mais Dantzig sera libre. Ses fortifications seront démolies, et le roi de Saxe sera indemnisé par la cession des territoires de la Silésie et de la Bohême, qui sont enclavés dans la Saxe; les provinces Illyriennes seront cédées à l’Autriche; on consent même à abandonner le port de Fiume, mais Trieste ne sera pas compris dans la cession; la confédération germanique s’étendra jusqu’à l’Oder; enfin, l’intégrité du territoire danois sera consentie. L’auditeur au conseil d’état , Maussion , porta cette réponse; le général Bubna, à qui elle avait été communiquée, envoya un courrier.

Napoléon écrivit au maréchal Davoust : « C’est aujourd’hui le 9; le congrès de Prague va fort mal; probablement l’armistice sera dénoncé, le ii, par les alliés, et la déclaration de guerre de l’Autriche

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