CHAPITRE XCI
VOUS sera signifiée : prenez cela pour votre gouverne.
La fête de Napoléon approchait, de grands préparatifs se faisaient à Dresde pour sa célébration; on l’avança de cinq jours; tout annonçait que, le 1 5 août , on aurait plus à s’occuper de guerre que de réjouissances. Après avoir passé le lo en revues, tn Te Deum, en banquets, chacun apprêta ses armes, et se rendit dans les camps : l’Empereur lui-même se tint prêt à partir.
Tandis que la réponse de Napoléon était en route ^ ' le lo août expirait. A minuit, les plénipotentiaires ennemis déclarèrent à Mettemich que leurs pleins pouvoirs avaient cessé; le 1 1, il en informa les plénipotentiaires français, en déclarant, de son côté, qu’il voyait avec un vif regret cesser ses fonctions de médiateur. Dans la nuit, des feux allumés sur toutes les hauteurs de la route de Prague à Trachenberg , avaient donné le signal aux troupes russes et prussiennes d’entrer en Bohême; l’Autriche se mettait en guerre avec la France ; la cessation de l’armistice fut dénoncée pour le i6.
Caulaincourt communiqua cependant à Mettemich la réponse de Napoléon que lui apportait aussi le courrier de Bubna. Mettemich insista sur la cession de Trieste; il rejeta la ligne de l’Oder pour la confédération germanique, dont il demandait l’indépendance ainsi que celle de la Suisse.
Lit déclaration de guerre de l’Autriche fut publiée. C’était, comme de raison, une apologie de sa bonne foi, de sa modération, de celle des alliés, de leurs
EMPIRE. AN l8l3.
vains efforts pour rétablir la paix. Napoléon y était accusé d’abord d’ambition, ensuite de mauvaise foi, car il n’avait, disait-on, accepté que pour la forme, et pour ne pas s’exposer au reproche de la prolongation de la guerre, la prqposition de la médiation; il voulait en éluder l’effet ou s’en prévaloir peutêtre, uniquement pour séparer l’Autriche des puissances qui s’étaient déjà réunies avec elle de principe. Du reste, elle était toujours disposée à prêter la main au rétablissement d’un ordre de choses qui , par une sage répartition de forces , placerait la garantie de la paix sous l’égide d’une association d’états indépendans ; elle ne négligerait aucune occasion de parvenir à ce résultat.
L’occasion ne tarda pas à se présenter de mettre à l’épreuve la bonne foi de l’Autriche. Napoléon consentit à toutes les conditions énoncées par Metternich. Quant à la Hollande et aux villes Anséatiques, s’il demandait à les garder, c’était seulement en dépôt jusqu’à la paix maritime, et pour en faire un objet de compensation avec l’Angleterre. Ce consentement fut communiqué par Caulaincourt et par Bubna retournant à Prague, par suite de la déclaration de guerre. Metternich reconnaissant que les concessions de l’Empereur auraient pu faire la paix le lo, répondit que c’était trop tard, et que désormais il fallait en référer à l’empereur Alexandre; vaine défaite, car l’empereur François déclarait qu’il était résolu à courir toutes les chances que lui promettait la guerre. '
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