CII.VPITRE XCI
et d’une foule de jugemens divers. Certes, pour la France et pour Napoléon, il eût mieux valu faire la paix aux conditions proposées à Prague, que.de subir à Paris, en ibi4> loi de la coalition. En i8i3, la question ne se préséntait pas aussi nettement. Pour les armées françaises , le début de la campagne avait été glorieux; elles occupaient une grande partie des conquêtes doïit on exigeait le sacrifice, les chances de la guerre n’étaient pas épuisées. Accoutumé à commander en maître, l’Empereur n’était pas un roseau se pliant souS le vent pour ensuite' se relever. Le chêne, au risque d’être brisé, se râidisàait contre la tempête; sa force et sa puissance étaient dans l’opinion qu’on avait de sa supériorité , dans les prestiges de sa gloire. Il admettait bien que ses ennemis le haïssaient, que ses alliés n’étaient pas toujours contens, mais il ne pouvait supposer à ceux-ci le dessein de l'abandonner, aux uns et aux autres celui de le renverser , à l’Autriche , surtout, son alliée par le sang et par les traités. Il se flattait même que l’Autriche, la Prusse, l’Allemagne le regardaient comme le garant de leur existence; il se sentait nécessaire à toute l’Europe ; il ne se croyait pas tellement déchu qu’il dût en passer, dans quelques jours, par un uIHmatum qui' anéantissait des traités solennels, l’œuvre de vingt ans de travaux; il pensait qu’il' serait toujours temps de faire un grand’ sacrifice lorsqu’il aurait ‘éprouvé de grands revers.
Il les avait éprouvés dans la campagne de 1812.
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Dès-lors les ennemis déclarés avaient redoublé d’espoir et d’audace, les alliés hypocrites ou contraints avaient défectionné , les alliés sincères étaient chancelans. I^a vieille coalition de l’Europe s’était reformée; elle embrassait, dans son inimitié, la France et Napoléon, la France révolutionnée. Napoléon conquérant. En vain il avait arrêté la révolution, aboli la république, rétabli la monarchie, les roLs n’y avaient rien gagné, ils n’avaient échappé à la lente invasion des principes révolutionnaires que pour subir l’invasion plus rapide de la conquête et de la dynastie napoléonienne. Leur dessein n’était ni de pactiser pour opposer une digue au torrent , ni d’obtenir la réparation d’une partie de leur perte. Mettre des bornes aux projets désastreux de l’ennemi de l’Europe , et rendre aux peuples l’indépendance, la paix et le bonheur, c’était leur but hautement avoué, et le moyen de l’atteindre, l’extermination de Napoléon, l’abaissement de la France, la guerre à mort. Ils étaient liés par leur intérêt, le souvenir de leurs humiliations, la soif de la vengeance; jamais il ne s’était offert à eux une occasion , aussi favorable.
C’est dans cet état de choses que fut conclu l’armistice et que s’ouvrirent les négociations de la paix; chacune des parties se conduisit d’après les conditions et le sentiment de sa situation. L’armistice n’y changeait rien; ü leur convenait également pour réparer les pertes faites depuis l’ouverture de la campagne et rassembler toutes leurs forces. Quant
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