CHAPITRE XCI
à la paix, Napoléon parut la vouloir; les alliés ne s’y montrèrent pas disposés, ils ne la voulaient pas; l’Angleterre déclina franchement toute participation. Il courut de l’Autriche à la Russie, la Russie le repoussa. Il revint à l’Autriche; l’Autriche, entrée dans la coalition, chercha à l’endormir, le trompa, le trahit; Jugée d’après les lois de la probité, delà morale, sa conduite fut infâme; mais, dans les rapports de rois à rois, la morale n’entre pour rien; droit et honneur au plus fourbe , au plus fort. Uultimatutn proposé par l’Autriche, au fond et dans la forme, était une dure condition. Napoléon n’hésita qu’un moment, finit par l’accepter, de bonne ou de mauvaise foi n’importe on ne peut voir que le fait. On lui répondit par une fin de non-recevoir ; c’était trop tard, trop tard de vingt-quatre heures! Rien ne pouvait donc arrêter les alliés ; pour eux point de paix à aucun prix, il leur fallait la guerre. Napoléon aura beau fiiire, la main de fer du destin pèse sur lui; ses ennemis sont implacables; il faut triompher ou périr et la France avec lui; mais les nations ne meurent pas, si la France succombe elle se relevera.
E.MI'IRG. — AN l8l3.