CHAPITRE XCIl
Force des armées. — Arrivée de Murat. — Désertion dn général Jomini. — Grande reconnaissance de Napoléon en Bohême. — Il se porte en Silésie;' combat de Goldberg ; Blücher rejeté au-delà dn Bober et dé la Katzbach.' — Lu grande armée de Bohême marche sur Dresde. — NapoJéon projette de se jeter sur ses communications. — Oudinot battu à Gross- Beeren par Bernadotte. — Napoléon marche au secours de Dresde. — Bataille du a6 août. — Moreuu blessé raortellerocnt. — Retraite des coalisés en Bohême. — Ordre à Vandamme de les y poursuite. Macdonald battu sur la Katzback par Blücher. — Napoléon projette de marcher sur Berlin. — Vandamme battu à Cul m par les coalisés. — Ney remplace Oudinot. — Napoléon se porte contre Blücher. — Ney battu à Dennewitz par Bernadotte. — Traités deToeplitz entre l’Autriche et les coalisés. — Napoléon revient àDresde. — Pressé par Blücher et l’armée de Bohême.
Des deux côtés, pendant l’armistice, on avait fait des efforts immenses pour rentrer en campagne.
Suivant les historiens de la coalition, elle avait rassemblé , en troupes de première ligne et en réserves, environ huit cent mille hommes et mille huit cents. pièces de canon.
CHAPITiTE XCIi.
Napoléon avait porté ses armées en Allemagne à environ quatre cent mille hommes ; il avait douze cent cinquante pièces de canon attelées.
Ces forces étaient ainsi réparties et opposées :
PRAHCE.
BaparoU k Mnnicb.
COALITIOH.
Autricbiens à Lintz.
Aagerean i W uitzboorg.
Oavoust à Hambourg
Walmoden.
3o,ooo
(i3* corps).
Oodiaot, route de Berlin.
Bernadette, Russes, Sué-
Grande armée de Dresde
dois, Prussiens.
lao.ooo
à Liegnitz.
23o,ooo
Russo-Prussiens en Si-
lésie.
Autricbiens en Bobéme.
i3o,ooo
5o5,ooo
Napoléon n’avait que quarante mille hommes de cavalerie; la coalition en comptait cent mille.
En quittant Dresde , il avait pris la route de Pyrna, visité aux flambeaux les nouveaux ponts établis sur l’Elbe, entre Lilienstein et Kœnigstein. Il était arrivé dans la nuit du 1 6 août à fiautzen. Il y fut rejoint par le roi de Naples : les succès de Napoléon avaient réveillé son amitié et son ardeur guerrière. Allié incertain , mais bon Français , il venait réparer ses torts de la dernière campagne. L’Empereur les pardonna, et lui donna le commandement de sa ré' serve de cavalerie. Cependant à peine revenu à Naples, au mois de janvier, Murat avait fait faire des ouvertures à l’Autricbe , sur l’intention où il était de régler sa marche politique d’après celle de cette puissance. Avant de quitter sa capitale, il avait of-
EMPIRE. AN l8l3.
3Go
fert secrètement au cabinet autrichien sa médiation entre Napoléon et les coalisés ^ On assure même qu’il avait conclu un traité d’alliance’; il est vrai que l’Autriche n’avait pas encore déclaré la guerre à la France. Il avait eu une entrevue avec lord Bentinck dans l’ile de Ponza®. Murat voulait servir son beau-frère , son pays , et dans tous les cas conserver son royaume; mais il faisait mystère de ses négociations à l’Empereur.
En même temps l’Empereur apprit une défection. IjC 1 4 y du quartier général de Liegnitz , le général Jomini, chef d etat-major du maréchal Ney, officier de mérite, était passé à l’armée russe, où il se rencontra avec le général Moreau. Jomini était Suisse, il avait à se plaindre d’injustices; si cette excuse est valable, on ne peut blâmer la défection du général d’Yorck ni celle des Saxons. Du reste, la violation des engagemens, des devoirs, du droit des gens, tout était légitime, pourvu que ce fût contre la France. Un conseil de guerre condamna Jomini à la peine de mort; il la méritait.
Les hostilités ne pouvaient commencer que le i6; dès le 12, les alliés s’étaient mis en mouvement. Barclay, avec plus de cent mille hommes, entra en Bohême pour se joindre aux Autrichiens. Blücher, avec le même nombre d’hommes , inonda le territoire neutralisé, et, le i4, envoya Sacken s’emparer
’ Manifeste de TAutriche, du ti avril i8i5.
^ Mémoires de Bausset, t. ii, p, 235.
^ Woiitveran, t. vi, p, 281.