‹ Le Consulat et l'EmpireChapitre 150 sur 300 · CHAPITRE XCII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XCII

<le Breslau. Les Français, surpris de toutes parts dans leurs cantonnemens , se replièrent à la hâte derrière le Bober.

Avant de prendre un parti, Napoléon voulut connaître le mouvement de l’armée autrichienne, et ce qui se passait en Bohême. Il y dirigea de Zittau les corps d’armée de Poniatowski et de Victor, et deux corps de cavalerie. Ils franchirent la frontière, s’emparèrent de Gahel, de Romhourg, de Friedland, de Reichenberg. Ils rencontrèrent une division autrichienne, commandée par le négociateur Bubna, qui se replia en toute hâte. Napoléon, arrivé à Gahel, acquit la certitude que la réunion des Russes et des Autrichiens s’était opérée en Bohême , et qu’ils marchaient sur la frontière de la Saxe, commandés par Schwarzenberg. Calculant qu’avant leur arrivée devant Dresde, il aurait le temps de faire son opération sur Berlin , et de battre les Prussiens en Silésie, il envoya l’ordre à Oudinot de marcher contre Bernadotte, et il se porta rapidement au-devant de Blücher, qui avait passé la Katzbach, et repliant tout devant lui, s’avançait à grands pas.

Arrivé, le ao, à Laubau, Napoléon arrêta la retraite de l’armée; le ai , il la ramena sur le Bober, à la tête de l’avant-garde entra dans Lœwenberg, et fit rétablir le pont, sous le feu des ennemis. Lauriston effectua le passage; la division Maison chassa les Prussiens d’Yorck de leurs positions, et les mena battant jusqu’aux portes de Golberg , tandis que sur la gauche, les maréchaux Ney et Marmont chas-

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salent Sacken de Buntzlau. Les aa et a3, l’ennemi, vivement poursuivi, avait entièrement repassé la Ratzbach; mais suivant le plan arrêté à Trachenberg, Blücher àvait refusé la bataille, et s’était retiré dans les lignes de Jaûer. Napoléon ne pouvait pas l’y suivre , sans compromettre le salut de Dresde que menaçait l’armée àutro-russe. Il laissa Macdonald avec quatre-vingt mille hommes pour contenir Blücher, et revint sur ses pas avec soixante mille.

Les instructions données au maréchal portaient que , dans l’état moral des troupes , il n’y avait rien de miéux à faire que de marcher à l’ennemi aussitôt qü’il voudrait prendre l’offensive : dans ces cas les aUiés marcheraient sans doute sur plusieurs points ; Macdonald, au contraire, devrait réunir ses troupes sur un seul, afin de déboucher en force sur eux, et de ‘ reprendre sur-le-champ l’initiative. On le prévenait du projet qu’avait l’Empereur de déboucher de Zittau sur Prague , dans le cas où l’ennemi ne menacerait pas encore sérieusement le camp retranché de Dresde; ou de déboucher par ce camp, si , 1 ennemi s’y présentait avec le gros de ses forces. On lui recommandait, dans la supposition qu’il fût attaqué par des forces supérieures , de se replier derrière la Queiss, de tenir Goerlitz, et de se maintenir sans cesse en communication avec l’Empereur, pour se réunir au besoin. S’il était pressé, et que l’Empereur fut en pleine opération sur Prague, il se retirerait au pis-aller jusque dans le camp retranché de Dresde, attendu que le premier soin de l’Em-

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