CHAPITRE XCII
leminot et Fournier, du 12*. corps, qui étaient en observation devant Wintzingerode et Woronzoff, coururent vers Neu-Beeren , et n’y arrivèrent qu’à la nuit tombante; il était trop tard pour rétablir le combat; ils protégèrent la retraite. Oudinot l’ordonna sur Vittenberg : ce fut plutôt une échauffourée qu’une bataille. On a reproché à Oudinot de l’avoir livrée contre un ennemi supérieur. On doute qu’il s’y fût préparé, et qu’il l’eût prévue; il y prit peu de part. Mais en se retirant sur Vittenberg, il s’éloigna de la direction de Lukau et de Bautzen, la seule convenable pour agir de concert avec l’Empereur. Cet échec compromit la division Girard, sortie de Magdebourg; se trouvant seule au milieu des ennemis, elle fut fort heureuse d’y rentrer, après avoir perdu douze cents hommes. Le maréchal Davoust était arrivé, le 22, à Schwerin, poussant devant lui Walmoden, et détachant la division Loison sur Wismar et Rostock. A la nouvelle de l’affaire de Gross-Beeren , il arrêta son mouvement, et prit une position plus rapprochée pour couvrir Hambourg et le Holstein.
L’échec d’Oudinot, joint à la situation des choses à Dresde , décidèrent l’Empereur à marcher au secours de cette ville. Gourgaud, qui l’avait quittée avant la nuit, arriva à Stolpen à onze heures du soir. D’après son rapport, l’opinion de Saint-Cyr et du ministre Maret , la ville ne pouvait pas tenir vingtquatre heures , et risquait à tout moment d’étre enlevée, si elle était attaquée vigoureusement. L’Em-
EMPIRE. AN l8l3.
pereur jugea que le temps manquait k l’exécution de son projet, il y renonça non sans regret. Il chargea'Vandamme de se porter sur Rœnigstein avec son corps d’armée, d’attaquer le; corps russe commandé par Ostermann et. le duc de .Würtemberg, et de le forcer à quitter le camp de i Pyima. Il envoj*a Gourgaud à Dresde pour y remonter les esprits et'y annoncer son arrivée. Il . ■ i i- > ■<
Le a6, à la^pointeidu jour,’ l’Empereür et l’armée marchèrent de Stolpen sur Dresde^ ^ A <dix heures, l’Empereur était sur le pont; à sa vue, à la vue des troupes qui le suivaient, la confiance succéda à la consternation. > ’ i ^ '
Elles défilèrent depuis ce moment jusqu’au soir, se rendant aux positions qui leur étaient indiquées. Napoléon se porta sur tous les points pour organiser la défense et juger des’ dispositions des ennemis. Depuis le matin, ils se’ préparaient' à une attaque générale. On assure qu’instruits par le bruit <du canop de l’arrivée de l’Empereur, ils furent d’arvis d’y renoncer, mais que , par une cause qu’on ignore , le contre-ordre ne fut point expédié. ■ • . . n < De trois à quatre heures, au signal de trois coup , de canon, les colonnes ennemies s’élancèrent sur les ouvrages avec l’impétuosité d’un torrent, renversant tout sur son passage; celles de Colloredo et de Lichtenstein pénétrèrent jusqu’à la ville. Les Russes et les Prussiens se logèrent dans< le Gross-Garten et à Striessen; à la gauche, Biatichi s’empara deiLobeda et des maisons touchant à' ia porte de Freyberg;