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CHAPITRE XCII

Giulay et Metzko poussèrent jusque vers Friedrich* stadt. Saint-Cyr avait eu soin de faire rentrer ses divisions déployées le a5, en sorte que les colonnes d’attaque étaient prêtes à déboucher dès que le feu des retranchemens aurait ébranlé l’ennemi : partout il fut repoussé. Ney, à la tète de deux divisions de jeune garde, refoula la gauche des Autrichiens sur Lobeda; les deux autres divisions, sorties par la porte de Pinar, repoussèrent Kleist; Saint-Cyr, au centre, ramena Chasteller et Colloredo. La résistanc«“ fut aiBssi opiniâtre que l’attaque était impétueuse. Le canon ne cessa de gronder qu’à neuf heures du soir. Rentré un moment au château, l’Empereur remonta à cheval à onze heures, sc porta sur le terrain pour combiner les opérations du lendemain , et rentra faire ses dispositions.

Pendant la nuit le temps fut affreux; le 27 au matin la pluie tombait encore par torrens. L’armée ennemie, comme la veille avant son attaque, était rangée en demi-cercle devant la ville, appuyant sa droite en amont de Dresdç , son centre sur les hauteurs de Rœknitz, sa gauche traversant la vallée de Tharandt et couronnant les hauteurs de Corbitz. Klenau, depuis trois jours impatiemment attendu par les alliés, arrivait par Freyberg, à la tête de vingt-cinq mille hommes , et devait , dans la soirée , compléter l’investissement de la place, et occuper la ligne directe de retraite des Français. Son avantgarde se montrait à Corbitz; c’était pour faciliter sa réunion que Schwarzenberg s’obstina, contre tons

EMPIRE. AN l8l3.

les avis, à porter trois divisions autrichiennes dans cette direction , où elles se trouvaient en l’air.

Dans la nuit , Napoléon ayant été rejoint par les corps des maréchaux Victor et Marmont, se trouvait à la tête d’environ cent mille hommes, non compris le corps de Vandamme; les ennemis en avaient presque le double : l’attaque ne fut pas moins résolue. A cheval dès six heures du matin , l’Empereur sortit par la porte de Freyberg, reconnut la lacune réservée à Klenau, et y lança le roi de Naples avec la cavalerie de Latour-Maubourg et le corps de Victor. Après un combat très chaud, le centre des Autrichiens fut enfoncé vers Corbitz. Les trois brigades de Metzko, à l’extrême gauche, isolées, débordées, culbutées, mirent bas les armes, dix mille hommes se rendirent prisonniers.

Sur la gauche , du côté du Gross-Garten , Saint- Cyr, soutenu par deux bataillons de la vieille garde, força la position de Strehlen , et rejeta les Prussiens sur Grüna. Entre lui et l’Elbe, Mortier et Nausouty poussaient les Russes de position en position , et les rejetèrent de la route de Pyrna sur celle de Dohna et de celle-ci sur celle de Maxen.

L’Empereur, qui s’y était porté pour encourager les troupes par sa présence, revint au centre, où il s’était tenu pendant la plus grande partie de la bataille. Ijes masses énormes que les alliés avaient devant lui, sur les hauteurs de Roeknitz, ne permettaient pas de rien entreprendre sur ce point; il se contentait donc de les faire canonner par l’artillerie

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