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CHAPITRE XCII

passage de la Katzbach et de la Wüthend-Neiss, et dirigea ses trois corps d’armée en cinq colonnes, de Schœnau jusqu’à Liegnitz, sur un front de huit à dix lieues. Lauriston, avec le 5', à droite; Macdonald au centre, avec le 1 1* et la cavalerie de Sébastiani; Souham à gauche, avec le 3“, dirigé par Liegnitz, à trois lieues de là, pour y passer la Katzbach et tomber sur la droite de l’ennemi.

Par une fatalité malheureuse, le même jour, à la même heure, instruit sans doute du mouvement de l’armée austro-russe sur Dresde, et que Napoléon avait quitté son armée de Silésie , Blücher se mettait aussi en marche; sortant des lignes de Jauer,il se reportait sur la Katzbach. En arrivant sur les hautenrs, il apprit que les Français étaient occupés à la passer. Pour mieux les engager, il ordonna à l’avant-garde d’Yorck, qui formait son centre, de se replier. A peine les colonnes du 11* corps couronnaient les hauteurs entre Janowitz et Weinberg , et la cavalerie légère de Sébastian! se formait vers Eichholz , que l’ennemi fondit sur elles. La droite avait réussi à s’appuyer au ravin profond de la Wüthend-Neiss, mais la gauche était en l’air pair l’absence du 3* corps, qui n’était pas encore arrivé ; c’est là que la cavalerie ennemie dirigea tous ses efforts et déborda Sébastiani. Les Prussiens d’Yorck firent volte-face, se précipitèrent sur la ligne et la rejetèrent en désordre dans le ravin. Sébastiani, ne pouvant rejoindre Kroitsch, où il avait laissé ses cuirassiers, descendit le torrent, où il sauva ce qui lui restait

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de ses escadrons. Souham, entendant la cahonnade , se rabattit avec le 3* corps sur Kroitsch, pour arriver plus tôt ata combat. Il trouva le passage obstrué par les cuirassiers de Sébastiani, le matériel, des fuyards, et augnaenta la confusion et l’encombrement. Pendant cette borrible mêlée, Laüriston combattait avec des succès balancés le corps de Langeron autour du village de Hennersdorf; mais la division Puthod, que Macdonald lui avait ordonné de porter à l’extrême droite au versant des montagnes, se trouva si fort engagée, qu’elle ne put se rabattre à temps Vers le corps de bataille. Après avoir cherché à s’ouvrir un passage l’épée à la main, et avoir eu beaucoup d’hommes tués ou noyés, elle fut forcée à mettre bas les armes : le reste de l’armée précipita sa retraite; les élémens déchaînés aggtayèrent ses désastres ; les cataractes du ciel semblaient ouvertes; ce n’était de toutes parts que torrens débordés, ponts emportés, chemins défoncés. Macdonald revint derrière la Queiss, après avoir perdu vingt mille hommes, la moitié de son artillerie et quantité d’équipages.

Dans cet état de choses, si l’on en croit un historien (Fain), l’Empereur reprit son projet favori de l’expédition sur Berlin; c’était là et non à Prague qu’étaient les fruits de la victoire de Dresde ; il irait les cueillir lui-mérae. Il se livra à toutes les dispositions préparatoires; dans ce dessein, il retint la jeune garde à Pyrna. Il donna l’ordre pour que la tète des colonnes de la garde repassât l’Elbe et fît

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