CHAPITRE XCII
une première démarche dans la direction du Brandebourg; U n’attendait plus que les derniers coups qui allaient confiner en Bohême la grande armée ennemie p>our quitter Dresde et se mettre en personne à la tête des nouvelles opérations qu’il méditait.
Mais en Bohême, Vandamme éprouvait aussi un revers déplorable. Il s’était mis, le a 8 au soir, à la poursuite du corps du duc de Wurtemberg, et avait passé la nuit à Peterswald. Le aq, il se remit en marche, déboucha des montagnes, et trouva à Culm, en position, le général russe Ostermann. Il était de la plus grande importance qu’il s’y maintint pour protéger la retraite de l’armée alliée, et même la personne de l’empereur Alexandre, qui était en danger. C’est ce que lui écrivait de Tœplitz le roi de Prusse, lui promettant de lui envoyer des renforts, à mesure que les troupes arriveraient. En effet Vandamme , s’il culbutait Ostermann, arrivait à Tœplitz, et jetait la confusion dans l’armée alliée déjà en désordre. Dans cette ville se trouvaient le roi Frédéric- Guillaume, le prince royal, les ministres des puissances; on y était dans les plus vives alarmes; on faisait ses paquets pour filer sur Prague; l’empereur d’Autriche était déjà à Laun.
Avant d’avoir réuni toutes ses troupes, donf une partie était restée en arrière, Vandamme attaqua les Russes : ils étaient en force, et soutinrent bravement le combat. Pendant l’action, ils reçurent des renforts; on ne put forcer leur position , ils la conservèrent, et Vandamme resta à Culm.
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Depuis trente-six heures, il était sans nouvelles de l’Empereur; il espérait toujours qu’il serait appuyé par Mortier, qui était resté à Pyrna, par Saint- Cyr, qui, sur sa droite, poursuivait le corps de Kieist, enfin, par un corps quelconque. U ne pouvait croire qu’on l’eût abandonné à ses propres forces, évidemment insuffisantes, pour l’expédition dont on l’avait chargé.
J je 3o, il attendait encore; l’état des choses était bien changé. La déroute de l’ennemi, qui, la veille, débouchait par les vallées de Geising et de Zinnwald, s’était arrêtée. Des forces très considérables, des gardes russe et prussienne, et plusieurs divisions, étaient venues ou marchaient au secours d’Ostermann. Yandamme se trouva assailli de front, débordé sur sa gauche, resserré à sa droite par des montagnes, ^ n’ayant pour opérer sa retraite que la grande route par laquelle il s’était avancé. On y aperçut un corps de troupes; on crut un instant qu’il était français; l’illusion fut courte; c’était celui de Kieist, qui se retirant sur la droite avec une grande quantité d’artillerie, et désespérant de la sauver dans les mauvais chemins où il était engagé, avait coupé à gauche pour rejoindre la grande route, où il ne fut pas peu surpris de trouver des Français. Pour Vandamme, il ne restait qu’un parti à prendre, c’était de réunir toutes ses troupes et de tomber tête baissée sur les Prussiens; mais cette réunion ne s’opéra pas; les ordres furent mal exécutés. Il arriva un moment où les chefs ne prirent conseil que d’eux-mémes. Cor*