‹ Le Consulat et l'EmpireChapitre 160 sur 300 · CHAPITRE XCir · texte numérisé non relu

CHAPITRE XCir

étaient revenus à Tœplitz. Un nouvel orage s’accumulait de toutes parts^sur Dresde. Napoléon résolut de l’attendre dans cette position centrale, dont il continua de faire le pivot de toutes ses opérations. On travailla à réparer lès fortifications, on y en ajouta de nouvelles. Il réorganisa le corps de Yandamme , et en donna le commandement à Mouton (Lobau), qui fut remplacé par le général Drouot dans les fonctions d’aide-major-général de la garde. Le i*' corps reprit les positions de Giesshübel et de Petérswald ; les corps de Saint-Cyr et de Victor prolongèrent à droite la ligne d’observation jusqu’à Altenberg.

Pour arrêter les progrès de Bernadotte , Ney alla prendre le commandement de l’armée d’Oudinot, qui s’était placé au-dessus de Wittenberg ; de sorte que les ennemis s’étaient portés du côté de Luckau et de Bautzen , et inquiétaient les communications de Macdonald ; ce qui fit dire par l’Empereur dans ses instructions à Ney (a septembre) : « Il est vraiment difficile d’avoir moins de tête que le duc de Reggio ; il n’a point su aborder l’ennemi et il a eu l’art de faire doniaer un de ses corps séparément. S’il l’eùt abordé franchement , il l’eût culbuté partout. » Du reste , à la manière dont la marche de Ney était tracée par ces insti-uctions , on ne mettait pas en doute que le 6 il ne -fût à Baruth , à trois journées de Berlin , et eu communication avec l’Empereur, qui allait se porter sur Luckau, pour le soutenir , avec cinquante mille hommes.

EMPIRE. AN l8l3.

Une opération plus urgente l’empécha d’exécuter ce projet. Dans la soirée du 3 septembre , un officier partit pour en avertir Ney, et lui annoncer que l’Empereur volerait à son secours dès qu’il se serait débarrassé de Blücher. Il avait poussé Macdonald entre Bautzen et Bischofswerda, et pénétrait dans ses lignes. Le 3 au soir, Napoléon sortit de Dresde. Le 4) il s’avança au-delà de la Sprée, rencontra Blücher entre Bautzen et Gœrlitz , et lui offrit la bataille. Il fit replier son avant-garde, on le poursuivit; il repassa successivement laNeiss et la Queiss. Napoléon retourna à Dresde , et apprit en route que le maréchal Ney avait été battu.

Il lui avait été prescrit de se porter sur Baruth; par cette manœuvre, l’Empereur avait pour but de replacer cette armée dans le système de Dresde et dans la direction de Torgau sur Berlin, de déborder l’armée de Bernadette, et de la refouler sur l’Elbe et Magdebourg. Pour cela, il fallait manœuvrer rapidement, ne pas donner le temps à Bernadette de rassembler ses forces dispersées, et surtout depuis que l’on n’avait plus à compter sur le secours promis, le 6, par l’Empereur, éviter d’engager la bataille avec un ennemi supérieur. Le 5 septembre, Ney commença son mouvement, rencontra l’avant-garde de Tauenzien à Zahen et à Seyda, la rejeta sur Dennewitz, et arriva à Jüterbock. Le 6, il continua sa marche, le 4° corps à' gauche, le 7' au centre, le la® à droite. Au lieu d’attaquer, le 4® corps devait tourner Jüterbock par sa droite,

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