CHAPITRE XCII
gne d’opération? ne fallait-il pas quitter l’Elbe, pour se rapprocher de la Saale ? A ces questions , qui désormais se présenteront chaque jour, l’avenir, mieux qu’on ne pourrait le faire d’avance , se chargera de fournir la réponse.
Pour abuser jusqu’à la dernière extrémité de son rôle de médiatrice, l’Autriche avait dû tenir secrets ses engagemens avec les coalisés. Après son manifeste de guerre, et vingt-cinq jours de combats, une forme authentique fut donnée à ces engage^ mens. Trois traités furent signés à Tœplitz , le 9 septembre , entre l’Autriche et la Russie , entre l’Autriche et la Prusse, et entre la Prusse et la Russie. Ces puissances se garantissent mutuellement leurs états, et se promettaient' des secours. Mais outre ces traités patens, il y eut des articles séparés et secrets; ils stipulaient le rétablissement des monarchies autrichienne et prussienne, dans le même état qu’avant 180 5; la dissolution de la confédération du Rhin; l’indépendanoe des états intermédiaires entre les frontières « de ces deux monarcbws ( les maisons royales et ducales de Saxe ); la restitution à la maison de Hrunswick-Lnnebourg de ses possessions en Allemagne; un arrangement à l’amiable entre les trois cours sur le sort futur du grandnluché de Varsovie. i - 1.1
En revenant à Dresde, après avoir éloigné Blücher, Napoléon trouva cette ville en alarme. L’avantgarde de la grande armée alliée avait de nouveau passé les montagnes, et se montrait à Pyrna. Le
8 septembre, il marcha contre elle avec quarante mille hommes, la rejeta en Bohême, et rentra le la à Dresde.
Blücher avait repris l’offensive ; Wittgenstein se représentait à Peterswald , et descendait à Giesshübel; le i5. Napoléon marcha contre lui, le rejeta dans la vallée deTœplitz, séjourna les i6 et 17 sur les hauteurs, poussa des reconnaissances jusqu’à Culm, revint, le 18, à Pyma, et, le ai, fut de retour à Dresde.
Le aa , il se porta contre Blücher avec l’armée de Macdonald, et se trouva, le a 3, en présence des Prussiens, en position à Bautzen. Il ne 'crut pas prudent de s’engager avec un ennemi supérieur, et revint encore à Dresde , ramenant l’armée de Macdonald , à deux lieues de cette ville , dans la position de Weissig.
N’ayant pas réussi dans ses derniers projets d’offensive , Napoléon sentit la nécessité de rétrécir le cercle de sa défensive; on croit même que toutes les combinaisons de la position de Dresde se trouvant épuisées, il était à-peu-près décidé à prendre une autre ligne d’opération. C’était autour de lui un vœu fortement prononcé; l’inquiétude et le découragement s’étaient emparés des esprits. Mais il voulait que les armées ennemies eussent tout-à-fait démasqué les grandes manœuvres auxquelles elles se préparaient, et, en attendant, leur laisser croire qu’il s’obstinait à rester à Dresde. Il donna donc une grande activité aux travaux de fortification de cette