CHAPITRE XCIIL
Napoléon appelle le corps d’ Augereau. — Succès des partisans eonemis. — Traité d’alliance entre l’Autriche et l’Angleterre. — Les coalisés manoeuvrent pour renfermer Napoléon dans Dresde. — Il marche contre Blücher qui lui échappe. — Il projette de porter la guerre entre l’Elbe et l’Oder. — Répugnance des généraux. — Défection de lu Bavière. L'armée se met en retraite sur le Rhin. — Bataille de Wachau. — Meerfeld prisonnier envoyé en mission. — Bataille de Leipzig, 18 et 19 octobre. — L’armée française à Erfurt. — Murat retourne à Naples. — Dévoûment des Polonais. — L’armée austro-bavaroise barre le chemin aux Français. — Bataille de Hanau. — Système militaire et administratif des coalisés en Allemagne. — Tous les princes adhèrent à la coalition.
' Après tant de pertes , sans espoir de renforts , l’Empereur se trouva dans la nécessité d’appeler à lui le corps du maréchal Augereau, fort de vingt mille hommes. Le roi de Bavière était vivement pressé par l’Autriche. Il avait écrit à Napoléon qu’il espérait pouvoir rester allié jusqu’à la fin de novembre. Malgré cette assurance, on avait de fortes raisons de croire que le départ d’Augereau serait le signal de la rupture de l’alliance. Mais il fallait pourvoir
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CHAPITKE XCIII. 391
au plus pressé. 11 partit de Wurtzbourg, le 26 septembre , se dirigeant sur Leipzig.
Les sociétés secrètes, la réunion Louise, le Tugendbund , prêchaient , au nom de la liberté , de ' l’indépendance, l’insurrection des peuples, la défection des alliés. Un bataillon saxon , commandé par le major Bunau, passait, le 27 septembre, dans le camp, de Bernadette , qui , par sa proclamation les avait provoqués à la désertion. Des corps de partisans inondaient les routes , interceptant les courriers, les estafettes , les voyageurs. Tettenborn faisait capituler la garnison de Brême. Du côté de Hambourg, Dornberg surprenait la division Pécheux , et lui faisait éprouver de grandes pertes. Czernicheff entrait dans Cassel, en chassait le roi de Westphalie, et débauchait ses troupes. Thielmann , transfuge saxon , et Münsdorf, partisan autrichien, tombaient sur Lefebvre-Desnouettes , à A.ltenbourg, et le rejetaient sur Zeitz. Tous ces incidens ne seront rien , si Napoléon est victorieux. S’il continue d’étre malheureux, ils seront graves. Toute l’Allemagne est prête à déserter sa cause et à l’accabler.
La rareté du numéraire métallique entraînant des difficultés et une perte considérable dans l’envoi des subsides en argent que le gouvernement anglais payait aux coalisés, il fut convenu , le 3o septembre , entre eux et lui , qu’il ferait fabriquer pour deux millions et demi de livres sterling , ou quinze millions d’écus de Prusse , de billets de crédit , qui seraient exclusivement employés aux dépenses de la
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guerre, et retirés contre des espèces dans des termes fixes. Ces billets étaient donnés deux tiers à la t Russie , un tiers à la Prusse.
Quoique tout-à-fait engagée dans la coalition, l’Autriche était restée ostensiblement avec l’Angleterre dans l’état de rupture qui avait suivi la paix de Tilsit. Un traité préliminaire d’alliance ^fut conclu entre elles , le 3 octobre , à Tœplitz. L’empçreur d’Autriche, fermement résolu de continuer la guerre avec toutelavigueurpossible,s’engageaità employer' toutes ses forces aux opérations actives contre l’ennemi commun. Le roi de la Grande-Bretagne s’engageait, de son côté, à soutenir de tous les moyens qui étaient en son pouvoir, les efforts de l’Autriche. Les deux parties agiraient dans les opérations militaires avec le plus parfait accord. Elles se communiqueraient sans réserve tout ce qui concernait leur politique. Avant tout, elles s’obligeaient réciproquement à n’entamer avec l’ennemi commun aucune négociation séparée , et à ne conclure aucune paix , suspension d’armes, ni telle convention que ce fut, que d’un commun accord. '
Napoléon était presque enserré dans une chaîne de fer , l’Autriche venait y river sa lourde et froide masse, et en former le dernier anneau. En lisant ce traité, en voyant le choix des termes , on sent qu’elle sera implacable pour celui qu’elle appelle l’ennemi commun , et que l’empereur François était décidé à porter le coup mortel à son gendre.
Les alliés avaient temporisé jusqu’à l’arrivée des