‹ Le Consulat et l'EmpireChapitre 166 sur 300 · CHAPITRE XCIll · texte numérisé non relu

CHAPITRE XCIll

d’une nation qu’ils n’avaient pu empêcher de s’affranchir, et d’un guerrier qui les avait vus à ses pieds. Napoléon chargea Meerfeld d’exposer à l’empereur d’Autriche toutes les considérations qu’il crut propres à l’éclairer sur sa véritable politique, et à réveiller en lui les sentimens d’un beau-p>ère. Il demandait un armistice aux conditions suivantes : Renonciation à la Pologne , à l’Illyrie , à la confédération du Rhin; indépendance de l’Espagne, de la Hollande , des Villes anséatiques , à négocier avec la p.Tix maritime, comme moyen de compensation avec l’Angleterre; indépendance du royaume d’Italie, base du traité sur les intérêts italiens; évacuation immédiate de l’Allemagne , retraite de l’armée derrière le Rhin. Porteur de ces propositions, le général Meerfeld fut renvoyé au camp des alliés.

Le 17, on s’attendait à voir recommencer le combat; ayant tout à risquer en quittant ses positions pour offrir la bataille , l’armée était sur la défensive; le temps sombre et pluvieux; -dans les deux camps; un morne silence. Pendant tout le jour, il oe fut pas interrompu par un seul coup de canon. Ce calme absolu dans l’armée ennemie parut d’un bon augure pour la mission de Meerfeld. On s’abusait. Les alliés n’avaient différé d’un jour leur attaque, que pour rallier Bernadotte, Beningsen, Colloredo, près de cent vingt mille hommes qui n’arrivèrent que le 1 7 au soir. Napoléon resta dans une inaction fatale, par la crainte qu’une retraite commencée le 17, ne nuisît à la conclnsion de l’armistice dont

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il se flattait. L’occasion était favorable pour la commencer le soir de ce jour-là, après l’arrivée du corps de Reynier. Rien ne s’y opposait; Schwarzenberg avait rappelé Giulay sur Zv?enkau ; le chemin d’Erfurt était libre. Voyant, dans la nuit du 17 au 18, que Meerfeld ne revenait pas. Napoléon comprit enfin qu’il fallait penser à la retraite, et arrêta les mesures préliminaires de l’évacuation de Leipzig. Le matériel était si considérable , les défilés étaient si longs et si nombreux, que ce n’eût pas été trop de la journée du 18 et de la nuit du 19, pour l’opérer avec ordre en présence de l’ennemi. L’Empereur quitta son bivouac à une heure du matin , pour reconnaître le centre de sa nouvelle position ; il alla au quartier du maréchal Ney, et lui donna ses ordres. Il traversa Leipzig , se rendit à Lindenau, examina les ponts, ordonna l’établissement de quelques nouveaux passages dans les marais , fit relever les postes du général Bertrand , et lui prescrivit de se mettre en marche pour Lutzen, et de gagner promptement les défilés de la Saale.

Le 18 octobre au matin, les nombreuses colonnes ennemies se mirent en mouvement et attaquèrent dans toutes les directions. L’armée française ne défendit ses positions de Holshausen et de Wachaii que pour avoir le temps de prendre à une lieue en arrière, vers Probsthayde et Stœtthœries, une position demi circulaire , la droite appuyée à la Pleiss; la gauche à la Partha, et dont Probsthayde formait le point saillant. Déduction faite du corps

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