‹ Le Consulat et l'EmpireChapitre 167 sur 300 · CHAPITRE XCIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XCIII

de Bertrand, l’armée, réduite à cent vingt -cinq mille hommes , avait devant elle plus de trois cent mille ennemis serrés en masse dans un demi-cercle de trois ou quatre lieues , avec douze cents pièces de canon. Le mouvement de concentration de l’armée française se fit en bon ordre, malgré les attaques de l’armée ennemie.

Les masses employèrent une partie de la matinée à se former devant la position définitive des Fran- ' çais. Vers midi, elles attaquèrent avec furie sur tous les points ; le choc fut terrible , l’engagement général. Sur la Pleiss, c’étaient Hesse-Hombourg qui tomba blessé , Blanchi , Colloredo. Les faibles divisions de Poniatowski et d’Augereau , après avoir défendu héroïquement les abords de Lœssnig et de Connewitz , étaient sur le point de succomber sous le nombre : Oudinotvint àleur secours, rétablit le combat; elles se maintinrent dans les deux villages.

Probsthayde était le point de mire de l’armée de Bohème. Wittgenstein et Kleist, soutenus des réserves russes, s’élancèrent audacieusement sur ce village. L’Empereur fit porter sur la ligne l’artillerie de réserve de Drouot : le brouillard , la fumée , le tumulte de la mêlée , permettaient à peine de se reconnaître. Les premiers bataillons ennemis , le prince Auguste de Prusse, atteignirent Probsthayde; les a* et 5* corps les chargèrent avec vigueur, et 'les en chassèrent; ils revinrent à la charge, le village fut pris et repris , et resta aux Français. D’autant plus profondes que l’espaq» se rétrécissait à mesure qu’elles

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s’avançaient , les colonnes ennemies , mitraillées pat cent pièces de canon, et menacées par les corps français , s’arrêtèrent dans l’espace qui séparait les lignes. De part et d’autre continua jusqu’à la nuit une canonnade meurtrière : là furent tués les généraux Vial et Rochambeau. Macdonald et la cavalerie de Sébastiani avaient repoussé toutes les attaques de Beningsen et de Rlenau , et s’étaient maintenus dans leur position à Stœtterite et à Mœlkau.

Au nord, se passaient des évènemens fâcheux, déplorables. Blücher et Bernadotte franchirent la Partha avec quatre*-vingt-dix mille homtneS , et se dirigèrent sur Schœnfeld et Paunsdotf. Ce dernier village était gardé par les Saxons de Reynier; Marmont occupait l’espace entre les deux villages ; Soubam, avec le 3® cofps, leur servait de réserve. On combattait avec des chances diverses : tout-à-coup les Saxons se portèrent en avant ; ce mouvement audacieux fut d’abord regardé comme la suite d’un ordre ; mais Reynier ne leur en avait point donné. Il courut à eux , en leur criant ; « Où allez-vous donc? Que faites-vous? » Des officiers lui répondirent : « N’ajoutez pas à notre infamie., celle de livrer notre général à l’ennemi. » L’armée saxonne et la cavalerie wurtembergeoise du général Normann, c’est-à-dire, douze mille hommes et quarante pièces de canon , passèrent du côté de Bernadotte. D’après son ordre, le commandant de l’artillerie transfuge tourna ses canons et tira contre les Français. Tout a été dit sur cet odieux assem bl;^e de <léfection et

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