CHAPITRE XCIll
à-pied. Victor, Mortier avaient passé Je défilé ; Souhani et Marmpütles suivaient. Lauriston ébranlases troupes pour passer à son tour.
L’Empereur ordonna de miner le pont de l’Eister pour le faire sauter . quand l’armée aurait toute passé. Il arriva à Lindenau, entra dans le moulin et fut surpris par ,1e sompieil. .
L’évacuation successive, affaiblissait les Français et. leurs moyens de résistance. Les colonnes ennemies forçaient l’entrée des faubourgs, et serraient de près la ville. Les Badois leur livrèrent la porte de Saint-Pierre , elles s’y précipitèrent. Les ^trois corps d’armée formant l’arrière-garde gagnèrent en toute bâte la grande route, se défendant à la faveur des maisons du faubourg. L’ennemi se prolongeait parallèlenient pour gagner la ligne de retraite. Déjà les tirailleurs de Langeron pénétraient jusqu’au pont.
Une forte explosion se. fit entendre. Le pont avait sauté. Macdonald, Lauriston, Reynier, Poniatov?ski, leur? troupes et plus de deux cents pièces de canon, étaient restés du côté de Leipeig. Pour eux plus de moyen de retraite. Gomment ce malheur était-il arrivé? On se perdit en une, foule de conjectures au milieu des bruits de toute espèce qui circulaient. Il n’y avait pas de remède. L’Empereur suivit avec les débris de l’armée la route d’Erfurt. Le soir, à Markrandstadt, on apprit que Macdonald s’était sauvé en passant i’Elster à la nage. Le bruit se répandit que Lauriston avait péri. L’Empereur renvoyU quelques escadrons saxons qui étaient restés fidèles.
/jia EMPIRE. AN l8l3.
Des Français restés entre les masses ennemies et l’Elster sans pont , réduits au désespoir , les uns ne songèrent qu’à vendre chèrement leur vie ; les autres tentèrent de traverser la Pleiss et l’Elster , et y furent la plupart engloutis. Poniatowski y trouva la mort ; quelques milliers d’hommes parvinrent à échapper. Près de quinze mille , se rendirent à discrétion. Lauriston et Victor furent faits prisonniers.
L’explosion prématurée du pont s’expliqua bientôt d’une manière très simple. Le colonel Montfort, préposé par le général Dulauloy à sa destruction , avait sottement confié cette importante opération à un caporal et à quatre sapeurs. Le caporal voyant l’ennemi arriver, mit le feu aux poudres, et fit sauter le pont.
Ce désastre mit le comble à la joie des souverains alliés réunis dans ce moment sur la grande place de Leipzig. Là se trouvait aussi Bernadotte , pour eux soldat parvenu, entouré de morts, de blessés, de prisonniers français. Sa position n’était pas sans amertume. Aussi ne tarda-t-il pas à quitter Leipzig pour se porter sur Hambourg avec Beningsen. Les alliés <lonnèrent des destinations à leurs autres armées. Klenau fut détaché sur Dresde. Blücher fut chargé de poursuivre les Français en tournant Erfurt au nord, pour redescendre sur Gotha; Bubna de les suivre en queue par Naumboug. I^a grande armée ennemie se jeta au sud dans la forêt de Thuringe pour prendre une marche parallèle. Une foule de partisans fut lancée de tous côtés pour entraver la