CHAPITRE XCIII
retraite. Elle s’opéra sans aucun évènement remarquable. Seulement le général Bertrand, par unecontrem-arche rapide sur les défilés de Naumbourg , y arrêta Giulay dont tous les efforts furent contenus par la division Guilleminot. Le aa , l’armée était à Erfurt.
Oo commençait à peine à respirer, lorsqu’on apprit que cinquante mille Bavarois et . Autrichiens , commandés par de Wrède, étaient en pleine marche sur Würtzbourg , pour barrer le chemin et couper la retraite. Quoiqu’il connût le traité d’alliance conclu 'à Ried, Napoléon ne s’attendait pas à cette agression , à une agression aussi prompte. Il avait encore des Bavarois sous son drapeau. Il pouvait les désarmer et les retenir prisonniers ; il ordonna qu’on les renvoyât à leur roi. Jointe aux manœuvres de l’ennemi pour l’envelopper, la marche des Bavarois ne lui permettait plus de s’arrêter à Erfurt que le temps nécessaire pour rallier l’armée. Il ne lui donna donc que deux jours de repos. Elle se pourvut de tout ce qu’elle pouvait emporter des magasins. L’artillerie fut réorganisée et approvisionnée de munitions. Napoléon distribua de l’avancement , des dotations , des honneurs; il s’occupa de l’intérieur de la France, y annonça le prochain retour de l’armée , et dicta le décret de convocation du Corps-Législatif. Il travaillait dans le même cabinet où , quatre ans auparavant, l’empereur Alexandre était venu passer avec lui de longues soirées.
Au moment de quitter l’Allemagne , le sort des
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troupes laissées dans les places de l’Elbe et de l’Oder, était propre à inspirer des alarmes et des regrets. Seulement, depuis Dresde jusqu’à Hambourg, il n’y avait pas moins de quatre-vingts à cent mille hommes. Répartis par masses de trente, de quinze, de dix mille , ils formaient , sous la protection du flèuve et des forteresses, une seule et même ligne. S’ils s’entendaient, s’ils sortaient, s’ils se réunissaient, des nouvelles levées, des landwehr ne pouvaient les arrêter; quatre-vingt mille Français passaient partout. Du moins c’était ce que disait l’Empereur. Il était persuadé que Davoust et Saint- Cyr n’auraient négligé aucune précaution pour être bien informés , et qu’aussitôt qu’ils auraient connu les évènemens, ils ne se seraient plus occupés qu’à se faire jour d’un côté ou d’autre. A Düben, et depuis, on avait tenté divers moyens pour faire parvenir, dans ce sens , des instructions à’ ces deux maréchaux. On lèur écrivit encore d’Erfurt, et on leur expédia des agens secrets. Si ces instructions leur parvenaient, il était douteux qu’ils s’y conformassent. L’entreprise , déjà épineuse , exigeait un concert difficile à établir, surtout entre des chefs rivaux. Si elles ne leur parvenaient pas , aucun d’eux n’était capable d’une résolution qui ne s’arrêtât pas devant la responsabilité. Les lieutenans de l’Empereur n’étaient et ne pouvaient être que des instrumens passifs.
C’est à Erfuit que Murat le quitta pour retourner à Naples. Son départ a été le sujet de graves accusations. Aux avant-po.stes, le 22 octobre, l’Autriche,