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CHAPITRE XCIIl

dans la forêt l’infanterie de Victor et Macdonald présentant cinq mille baïonnettes, soutenue par la cavalerie de Sébastiani. L’avant-garde ennemie fut chassée et rejetée bors de la forêt, au débouché de laquelle de Wrède se trouvait avec quarante mille hommes et quatre-vingts pièces de canon, k trois heures après midi, l’artillerie étant arrivée, l’Empereur lança contre l’ennemi Curial, avec deux bataillons de chasseurs de la vieille-garde; Drouot, avec cinquante pièces de canon; Nansouty, avec la cavalerie de la vieille-garde et celle de Sébastiani. La gauche de l’armée ennemie fut enfoncée, et en partie jetée dans la Kinzig, le reste regagna Hanau, sous la protection des cosaques qui précédaient la marche de Blücher vers Bergen. Jugeant le danger de sa position , de Wrède fit un effort sur sa droite, pour dégager sa gauche , lui donner le temps de se reployer, et s’assurer une retraite sur Aschaffenbourg. Friant, avec deux bataillons de la vieille-garde, le repoussa, et le força à se mettre en retraite; il repassa la Kinzig. Si l’Empereur avait eu avec lui les corps de Bertrand , de Ney, de Marmont , l’armée austrobavaroise aurait été jetée dans le Mein. Le but essentiel était atteint , elle avait été battue , la route était ouverte, il fallait, sans perdre de temps, marcher sur Francfort. La cavalerie de Sébastiani prit les devans, suivie de quelques colonnes; le reste de l’armée et Napoléon bivouaquèrent dans la forêt , et défilèrent au jour, laissant Hanau sur la gauche.

L’arrière-garde , forte de quatorze mille hommes ,

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n’avait pas encore atteint la hauteur de cette ville; l’Empereur chargea Marmont de l’attendre et de prendre l’offensive. Le 3 1, il traversa Hanau que de Wrède venait d’évacuer, l’attaqua au pont de Lamboi, força le passage, enfonça son aile droite, le poussa en désordre sur Auenheim , l’accula au Mein , replia ses troupes et leur fit repasser la Rinzig. L’arrière-garde étant arrivée , Marmont se disposa à la retraite, laissant Bertrand à la garde de Hanau. De Wrède revint sur cette 'ville, y pénétra ; il y fut grièvement blessé et repoussé. Le 4* corps se mit le soir en marche stir Francfort, sans être davantage inquiété.

La bataille de Hanau, dans laquelle on perdit de chaque côté , en tués, blessés, prisonniers, environ sept mille hommes , fut , en grande partie , gagnée par le courage et le sang-froid de la garde impériale. Son seul aspect imposa aux Bavarois. La fortune ne permit pas que la victoire couronnât les armes d’un prince que l’Empereur avait fait roi , et la basse ingratitude d’un général qu’il avait comblé, et qui avait gagné son illustration en combattant dix ans sous le drapeau français.

Un corps bavarois occupait Francfort , il n osa pas y attendre l’armée française ; elle trayersa cette ville. Le 2 novembre, l’Empereur entra à Mayence, et toutes ses troupes y passèrent le Rhin. La division Guilleminot, qui fermait la^mard^e, voulut tenir à Hocheim. Accablée par les forces quadruples des Autrichiens , elle réussit pourtant à rentrer a

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