CHAPITRE XCIV
aux prêtres. Il discutait dans ses conseils des questions tbéologiques et religieuses, et les mesures législatives qu’il croyait propres à honorer le clergé. Le ministre des cultes fut chargé de se concerter avec la section de législation pour rédiger un projet de loi dont le principe serait que le mariage d’un prêtre serait puni comme la bigamie. Pendant qu’on était en si beau chemin, le ministre proposa de compléter la législation : i° sur le délit du prêtre coupable de séduction, d’avoir révélé la confession ; 2° sur la profanation des hosties et des vases sacrés; 3° sur les vols, incendies et autres délits commis dans les lieux saints; 4° sur les outrages contre le culte ou les violences contre ses ministres commis hors des temples. C’était tout simplement une loi de sacrilège bien conditionnée. Ces projets de loi furent rédigés; iis auraient sali les codes français sans les évènemens malheureux qui ne permirent plus de s’en occuper.
Le prince régent d’Angleterre avait déclaré au parlement (5 novembre) qu’il n’était ni dans l’intention de l’Angleterre, ni dans celle des puissances alliées, de demander à la France aucun sacrifice incompatible avec son honneur et ses justes droits. Cette vague parole de paix , jetée en avant pour affaiblir la résistance nationale, sembla prendre quel-' que consistance , par l’ouverture faite au ^ron de Saint-Aignan, ministre de France à Weimar. Contre le droit des gens fait prisonnier , il réclama , et le 26 octobre, fut reçu par Mettemich qui se chargea tle le tirer de cette position, heureux de lui rendre ce
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service et en même temps de témoigner l’estime que l’empereur d’Autriche avait conçue pour le duc de Vicence (beau-frère de Saint-Âignan). « Nous voulons sincèrement la paix, ajouta Mettemich, nous la voulons encore et nous la ferons: il ne s’agit que d’aborder franchement et sans détours la question. La coalition restera unie. Les moyens indirects que l’Empereur Napoléon emploierait pour arriver à la paix ne peuvent plus réussir; que l’on s’explique franchement et elle se fera. »
Mettemich dit à Saint-Aignan de se rendre à Tœplitz. Ce ministre lui écrivit dans cette ville de, partir pour le quartier général de l’empereur d’Autriche, à Francfort. Il y arriva le 8 novembre y et alla de suite chez Mettemich. Après avoir parlé du progrès des armées coalisées, de la révolution qui s’opérait en Allemagne, de la nécessité de faire la paix, le ministre dit : a Les coalisés , long- temps avant la déclaration de l’Autriche , avaient salué l’empereur François du titre d’empereur d’Allemagne; il n’acceptait point ce titre , et l’Allemagne était plus à lui de cette manière qu’auparavant ; il desirait que l’Empereur Napoléon fiût persuadé que le plus grand calme et l’esprit de modération présidaient au conseil des coalisés ; ils ne se désuniraient point , parce qu’ils voulaient conserver leur activité et leur force, et ils étaient d’autant plus forts qu’ils étaient modérés. Personne n’en voulait à la dynastie de l’Empereur Napoléon; l’Angleterre était bien plus modérée qu’on ne pensait; jamais le moment n’avait