CHAPITRE XCIV
été plus favorable pour traiter avec elle ; si l’Empereur Napoléon, voulait réellement faire une paix solidé, il éviterait bien des maux à l’humanité, et bien des dangers à la France, en ne retardant pas les né-^ gociations; on était prêta s’entendre; les idées de paix que l’on concevait , devaient donner de justes limites à la puissance de l’Angleterre, et à la France toute la liberté maritime qu’elle avait droit de réclamer, ainsi que les autres puissances de l’Europe; l’Angleterre était prête à rendre à la Hollande indépendante ce qu’elle ne lui rendrait pas comme province française; ce que M. de Meerfeld avait été chargé de dire de la part de l’Empereur Napoléon pourrait donner lieu aux paroles qu’on le prierait ( lui Saint-Aignan ) de porter ; il ne lui demandait que de les rendre exactement , sans y rien changer. ' L’Empereur Napoléon ne voulait -pas concevoir la possibilité d’mi équilibre entre les puissances; cet équilibre était non-seulement possible , mais même nécessaire. A Dresde, on avait proposé de prendre en indemnité des pays que Napoléon ne possédait plus , tels que le grand-duché de Varsovie; on .pouvait encore, dans l’occurrence actuelle, faire de semblables compensations. »
Saint-Aignan demanda que les paroles qu’il devait porter à Napoléon fussent mises par écrit. Elles furent ainsi rédigées, avec l’approbation de MetteriiLch, Nesselrode, lord Aberdeen , Schwarzenbei^ , et celle de Hardeiiberg, absent, que garantissait Metternich.
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Les puissances coalisées étaient engagées par des liens indissolubles qui faisaient leur force, et dont elles ne dévieraient jamais. Elles avaient pris la résolution de ne faire qu’une paix générale. Ainsi, point d’armistice, point de négociation qui n’aurait pas cette paix pour but. Elles étaient d’accord sur la puissance et la prépondérance de la France, mais renfermée dans ses limites naturelles, le Rhin, les Alpes et les Pyrénées. Le principe de l’indépendance de l’Allemagne était une condition sim quâ non; la France devait renoncer à toute souveraineté sur ce pays. L’indépendance de l’Espagne et le rétablissement de l’ancienne dynastie étaient également une condition sine qud non. En Italie, l’Autriche devait avoir une frontière, qui serait l’objet d’une négociation. Le Piémont offrait plusieurs lignes que l’on pourrait discuter, ainsi que l’état de l’Italie, pourvu qu’elle fut, comme l’Allemagne, gouvernée d’une manière indépendante de la France ou de toute autre puissance prépondérante. L’état de la Hollande serait aussi l’objet d’une négociation , en partant toujours du principe de son indépendance. L’Angleterre était prête à faire les plus grands sacrifices pour la paix, fondée sur ces bases , et à reconnidtre la liberté du commerce et de la navigation à laquelle la France avait droit de prétendre. Si ces principes d’ime pacification générale étaient agréés par l’Empereur , on pourrait neutraliser sur la rive droite du Rhin tel lieu qu’on jugerait convenable, où les plénipotentiaires des puissances belligérantes