‹ Le Consulat et l'EmpireChapitre 183 sur 300 · CHAPITRE XCIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XCIV

à y rentrer. Après la bataille de Leipzig, entièrement isolé , sans nouvelles , trop faible pour se faire * jour sur le Rhin , il s’occupa plus que jamais de se défendre à Hambourg. Le ii novembre, il 'reçut, par une lettre du général Carra Saint-Cyr, datée de Munster, le 5, l’ordre de l’Empereur de laisser une bonne garnison à Hambourg, et de se rapprocher de la Hollande. Il n’était plus temps : attaqué par Bernadotte dans son camp retranché de Slecknitz , il l’abandonna; les Danois retournèrent chez eux; il rentra dans la place avec les Français. Là s’ouvrit pour lui une série d’opérations qui lui attirèrent la malédiction des Hambourgeois, et qui, sous le rapport de la défense , lui font le plus grand honneur. Il tint pendant cinq mois contre Bernadotte et Beningsen; pour épargner ses provisions, il renvoya des habitans, et, pour subvenir à ses dépenses, il s’empara des fonds de la banque. A sa place , tout général en aurait fait autant. Ne pouvant le vaincre par les armes, ni le séduire, Beningsen cherchait à l’intimider par des menaces , et à soulever les Hollandais qui faisaient partie de la garnison. « Hâtezvous, leur disait-il dans ses sauvages proclamations, de venir nous joindre avant que le châtiment terrible des derniers ennemis en Allemagne réfugiés à Hambourg commence ; car alors les assaillans , dans l’ivresse de la victoire , confondront l’innocent Hollandais avec le Français coupable. » U faisait savoir aux habitans qui seraient expulsés, qu’ils trouveraient à son quartier général des armes pour rentrer

EMPIRE. AN l8l3.

triomphans , et le glaive de la vengeance à la main.

A Dantzig , Rapp bravait depuis un an les attaques du duc de W urtemberg. Il s’y trouvait vingt-cinq mille hommes de garnison , dont cinq ou six mille, àla vérité, hors d’état de servir, trois ou quatre mille Napolitains équivoques ; la division polonaise Granjean , et celle du général Heudelet. Après im blocus de six mois, l’ennemi en commença le siège; il aurait pu se prolonger, mais les munitions, les vivres et les médicamens s’épuisèrent. La garnison était exténuée. Tous les genres de séduction lurent employés pour ébranler sa fidélité, l’argent, les menaces; le duc de Wurtemberg écrivait, priait, circonvenait les chefs et les soldats; la désertion se mettait dans les troupes étrangères ; elles refusaient le service; Rapp était réduit à moins de six mille Français. Il négocia une capitulation ; elle fiit signé , le 29 novembre. La garnison, prisonnière de guerre, pour être conduite pn France, sortait de la place, le i" janvier i8i4, si 4 cette époque elle n’avait pas été débloquée. Une partie des conventions avait été exécutée ; les prisonniers russes avaient été rendus et les forts livrés ; l’empereur Alexandre refusa de consentir au retour de la garnison en France. Le duc de Wurtemberg offrit 4 Rapp, le a4 décembre, de remettre les choses dans l’état où elles étaient auparavant, lui déclarant cependant que s’il se soumettait, la garnison serait convenablement traitée, et que s’il continuait à se défendre, elle serait envoyée en Sibérie. I^es choses n’étant plus entières,

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