‹ Le Consulat et l'EmpireChapitre 185 sur 300 · CHAPITRE XCiV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XCiV

nœuds d’amitié et de bon voisinage qui avaient existé si long-temps entre les deux nations. ’

Professant toujours le même- attachement et le même respect dont il avait donné tant de preuves à l’Empereur, Ferdinand ne crut pourtant pas pouvoir traiter sans le consentement de la nation espagnole, et par conséquent de là régence; il fallait donc que l’Empereur traitât avec elle ou qu’elle envoyât des députés à Yalençay, sinon, y ayant déjà passé cinq ans, il était décidé à y rester toute sa vie, fei c’était la volonté de Dieu. *

On y envoya le duc de San-Oarlos; Ferdinand lui donna des pouvoirs; le ii décembre, un traité fut signé. L’Empereur reconnut Ferdinand roi d’Espiagne et des Indes, et s’engagea à retirer ses troupes. Le roi s’obligea à faire évacuer son territoire par les Anglais, et à payer à ses père et mère la somme annuelle de 3o millions de réaux; l’échange des prisonniers fut stipulé.

Quoique ce traité ne contint aucune clause contraire à l’intérêt et à l’honneur de la nation et de la couronne espagnoles, il était évident que Ferdinand n’aurait ni la volonté ni la force de le maintenir. Il ne devait aucune foi à celui qui l’avait dépouillé, retenu prisonnier , et qui ne renonçait à l’Espagne que lorsqu’il l’avait perdue.*Mais rien ne forçait Ferdinand à renouveler encore , dans cette circon-

’ Lectrc du 1% novembre.

~ Lettre du ai.

— Aw i8i3.

stance, la demande d’une nièce de l’Empereur en mariage, d’une fille du roi Joseph. On répondit à cette lâcheté, qu’on aviserait à sa demande quand il la ferait de Madrid.

On avait voulu tenir la négociation secrète pour ne pas donner l’éveil aux Anglais et à Talleyrand , dont elle contrariait les vues. Il en fut informé par Caulaincourt, à qui l’Empereur ne sut pas la cacher. Ainsi elle traîna un mois. On intrigua ensuite pour empêcher la ratification du traité. On le représenta à l’Empereur comme un acte de faiblesse. Cétait toucher la corde sensible. D’un autre côté , Ferdinand s’en remit à la régence de Madrid; elle refusa sa ratification. Un décret des cortès avait d’avance déclaré nul tout ce qu’il ferait dans sa captivité. Elles voulaient qu’avant de rentrer dans le royaume, il reconnût les libertés nationales. Pendant toutes ces difficultés, le traité fut sans vigueur. Dans tous les cas, il n’aurait jamais pu être d’aucune utilité. Quand on le négocia, Wellington était devant Bayonne. Ferdinand resta à Valençay, et n’entra en Espagne que trois mois après. L’Empereur se borna à demander à Soult deux divisions de son armée, qu’il dirigea sur la Seine , et à Suchet dix mille hommes qu’il envoya à Lyon.

Le I O décembre , Soult attaqua l’aile gauche des Anglais restée seule entre la Nive et la mer. Elle fut enfoncée. Le centre vint à son secours. Le combat dura jusqu’au soir sans autre objet que de se maintenir en position. A la nuit, quatre bataillons alle-

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