‹ Le Consulat et l'EmpireChapitre 190 sur 300 · CHAPITRE XCV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XCV

qui avaient été rompues, pour son accession à l’alliance européenne’. Le bruit se répandit eti Italie qü’il avait aboli le système continental, permis l’entrée de ses ports à tous les pavillons, et qu’il négociait avec l’Autriche et lord Bentink.

Cependant l’Empereur lui écrivit de se porter âvec trente mille hommes sur le Pô , où il recevrait des ordres ultérieurs. Il entra en fureur, rassembla ses ministres, leur lut la dépêche, se plaignit amèreillént de ce que Napoléon le traitait comme un caporal, et protesta qu’il ne sacrifierait pas ainsi la sûreté dé son royaume et sa couronne. Il répondit (a5 rio* vembre) à l’Empereur qu’à l’extrémité où l’on était réduit par les malheurs de la guerre, il n’y avait plus qu’un moyen pour lui d’être utile à la Erance, et pour Napoléon de sauver Tltalîé; c’était qu’il proclamât son indépendance en une seule puissance ou deux , qui auraient le Pô pour limite.

Pour obéir à l’Empereur, mais toujours dans le système de l’indépendance, Murat mit en mouvement son armée , forte de vingt à Vingt-cinq mille hommes. Dans les premiers jourë de décembre , Uhe division, commandée par Carascosa, entra dans Rome. Quoique l’Empereur eût donné l’ordre 'de traiter Murat en allié , Miollis pourvut à la défense de CivitarVecchia et du fort Saint-Ârtgè. Les autres divisions napolitaines se succédèrent , en se dirigeant à-la-fois par les Abbruzes sur Ancône, et par

' Mnnife5te de l’Autriche , du ri arrll

45i EMPIRE. AM l8l3.

Rome, soit sur la Toscane, soit vers Pesaro, Rimini et Bologne. Murat annonça à l’Empereur qu’il serait bientôt dans cette dernière ville avec trente mille hommes. En attendant sa réponse sur le projet d’indépendance de l’Italie , il en proposa à l’Autriche le partage, en prenant le Pô pour ligne de démarcation. ^

Ignorant encore le projet de Murat , l’Empereur écrivit, le 3 décembre, à Eugène, que le mouvement du roi de Naples lui permettait de se maintenir en communication avec Venise , et lui donnerait le temps d’attendre l’armée qu’il formait pour reprendre le pays vénitien. Il recommandait à Eugène d’agir avec le roi le mieux qu’il lui serait possible, de lui envoyer un commissaire italien pour assurer la nourriture de ses troupes, enfin de lui faire toutes les prévenances possibles pour en tirer le meilleur parti.

En même temps , l’Empereur croyant Murat sur le Pô, et qu’à son aspect l’ennemi avait fui loin de ses rives , lui exprimait ( 4 décembre ) son désir que l’armée napolitaine se mît à même de passer le fleuve , et de faire lever le blocus de Venise.

Nugent, parti de Trieste, débarqua à Goro, s’empara de Ferrare, insurgeant les populations, et marcha pour se réimir aux Autrichiens , qui occupaient Padoue. Marshal allait à sa rencontre : Eugène les fit attaquer par la division Maragnet , à Rovigo et

» Manifeste du ii avril i8i5.

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