CHAPITRE XCV
à Bovara. La mêlée fut opiniâtre ; Nugent et Marshal opérèrent leur réunion ; Nugent se porta sur Ravenne et Forli, semant des proclamations pour promettre l’indépendance, l’abolition de la conscription , la diminution des impôts. Eugène ne se maintenait qu’avec peine sur l’Adige.
Instruit enfin par la correspondance de Murat de son projet d’indépendance de lltalie, l’Empereur garda le silence et ne lui répondit pas. Mais par son ordre , le ministre de la guerre écrivit à la grandeduchesse de Toscane, ainsi qu'aux généraux Miollis, gouverneur de Rome, et Barbou, commandant à Ancône, de prendre toutes les précautions nécessaires pour empêcher que les troupes napolitaines ne pussent pénétrer dans les places fortes ou châteaux des 29° et 3o* divisions militaires , et de la 5* division militaire italienne Us avaient prévu cette recommandation, Murat leur étant suspect, ainsi qu’à tous les Français.
Le prince Eugène lui envoya son aide-de-camp Gifflenga , pour s’assurer de ses dispositions. Le roi était encore à Naples le 12 décembre, et ne paraissait pas prêt à en sortir. Des revues et des parades se préparaient à Rome, où il annonçait devoir faire un long séjour. Ses prétentions étaient d’avoir toute l’autorité civile et militaire jusqu’au Pô. On lui assurait qu’il n’avait qu’à se présenter en Italie, qu’il y avait un parti très puissant. Il répétait avec
■ Lettre du 1 3 décembre.
EMPIRE. A^ l8l3.
beaucoup de coiuplaisance , et le dit à Gifflenga, que l’£mpereur ne savait pas tout le mal qu’il pouvait lui faire en Italie. U lui demanda quelle était la conduite que lé priuce Eugène comptait tenir dans cette circonstance. Sur la réponse de l’aiderdecamp que le prince n’avait rien à changer à son dévoùment à l’Empereur, le roi se plaignit de ce que Eugène était trop soumis , ajoutant qu U n’étsût aimé de ses sujets que parce qu’ils étaient sûrs qu’il les , défendrait contre l’Empereur. Deux parlementaires anglais étaient mouillés sous les murs du palais du roi. Le ministre d’Autriche était débarqué dans un des ports de l’Adriatique, et lui avait envoyé un courrier.
En transmettant ces détails à l’Empereur, Eugène ajoutait : « Un orage se prépare contre nous dans le midi de l’Ualie. Certes, dans tout autre temps, il n’y aurait rien à craindre des folies du roi de Naples; mais aujourd’hui, avec une armée ennemie au milieu de notre territoire, tout ce qui ferait espérer un peu de tranquillité aux peuples serait reçu avec plaisir , et Us ne mettent déjà plus en doute que le roi n’ait fait un traité avec les coalisés. Quant à moi , je suis certain maintenant que ses intentions sont plus qu’équivoques, et que les ennemis, n’ayant pu réussir auprès de moi dans leurs démarches, les auront dirigées vers le roi de Naples.» ‘
Un aide-de-camp du roi voulut communiquer
* Lettre du ao décembre.