CHAPITRE XCV
Un ordre du jour de l’ennemi , imprimé le aa décembre à Ravenne, prouva que le roi de Naples traitait avec les Autrichiens et avec les Anglais. L’ennemi attaqua le colonel Armandi à Forli, le battit, s’empara de la ville; les Napolitains, établis depuis vingt-deux jours dans les départemens italiens, n’avaient pas envoyé un bataillon pour sauver du pillage Ravenne, Faenza, Césène et Forli. Les aidesde-camp du roi faisaient sans cesse des voyages à Bologne , aucun d’eux ne venait au quartier général du prince Eugène. Le général Pignatelli, sous prétexte de prendre connaissance de la position de l’ennemi, alla trouver le général italien Pino, à Ferrare, pour pratiquer, par son moyen, des intelligences tlans l’armée; Eugène prit des mesures pour déjouer ces manœuvres.
« Que votre majesté soit bien persuadée, écrivit-il à l’Empereur, que l’intention du gouvernement napolitain n’est pas de se battre contre les Autrichiens; que ses troupes viennent sur le Pô en tenant le langage le plus insidieux, disant publiquement qu’elles marchent aussi pour contribuer au rétablissement de la paix générale. Quant à moi , je suis parfaitement convaincu que, si les combinaisons des circonstances sont telles que la guerre doive continuer, votre majesté pourrait avoir sur le Pô trente mille ennemis de plus et moi trente mille hommes de plus à combattre; mais jusqu’à ce que cette question soit décidée, on marche pour avoir l’air de marcher et de remplir les désirs de votre
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majesté, mais au fond poür se trouver en mesure contré elle. » ‘
Plutôt que de permettre à Murat de proclamer l’indépendance de l’Italie, l’Empereur prétendait la conserver malgré les ennemis qui l’inondaient, et la défection évidente de son beau-frère.
Lorsque les Autrichiens eurent violé la neutralité suisse, le ministre de la guerre écrivit au prince Borghèse de mettre promptement en état de défense le Mout-Genis et les places du Piémont, et au prince Eugène de faire arriver en toute hâte, à l’armée d’Italie, les renforts qui s’organisaient à Turin et à Alexandrie. Du reste, Clarke était ou feignait d’être dans la plus grande confiance. Suivant lui, tout s’organisait en France avec la plus grande activité pour réunir, sur divers points, des armées nombreuses ; des colonnes étaient en marche sur diverses directions, soit pour repousser l’ennemi, soit pour l’envelopper, dans le cas où il chercherait à pénétrer dans l’intérieur. »
Dans les derniers jours de décembre , les Napolitains arrivaient à Rimini et à Imola; ils étaient entrés à Ancône comme alliés ; ils entrèrent à Bologne le 3o décembre. Ayant des renforts de France et d’Alexandrie, Eugène réorganisa son armée.
Avec les deux cent mille hommes que l’Allemagne devait fournir aux coalisés, ils allaient en avoir
* Lettre de Véronue, 28 décembre.
^ Lettre du 3o décembre.
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