CHAPITRE. XCV
sur pied uii million, dont les deux tiers en première ligne. La force réelle avec laquelle ils se dis^ posaient d’abord à entrer en France était de quatre cent mille hommes. «
Napoléon n’avait encore à leur opposer que les corps d’armée qu’il avait laissés aux frontières en repassant le Rhin , en tout soixante - quinze mille hommes. Toutes les ressources avaient été épuisées pour créer l’armée avec laquelle on avait fait la campagne.
Les coalisés, s’ils avaient poursuivi leur marche, ' auraient pu arriver à Paris. Ils hésitèrent à l’aspect des frontières, s’arrêtèrent, et prirent des canton nemens d’hiver. Ils répartirent ainsi leurs forces;
A la gauche , l’armée de Bohême ou grande armée, commandée par Schwarzenberg , généralissime de la coalition, et où se tenaient les trois souverains. Elle devait appuyer sur la Suisse, y passer le Rhin, traverser les Vosges , le Jura, et se porter sur Paris, en prenant Langres pour point central de son mouvement, en même temps que sa gauche arriverait au lac de Grenève et occuperait les passages du Simplon et du Grand'Saint-Bemard.
Au centre, l’armée de Silésie, sous Blücher, passant le Rhin au<- dessus et au-dessous de Mayence, se dirigeant , le long de la Moselle, sûr Metz et sur Paris, tandis qu’un corps passerait le Rhin à Coblentz , traverserait les Ardennes à Malmédy et Stavelot, et deRhétel se rabattrait sur Reims et Châlons.
A la droite, l’armée du nord, sous les ordres de
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Beruadotte, opérant par la Hollande et la Belgique. Une grande partie de cette armée se trouvait encore sur l’Elbe. Elle ne se composait que du corps de Bulow, fort de trente-six mille hommes , et de celui de Wintzingerode , en seconde ligne.
Vers le ao novembre, ces armées commencèrent à se mettre en mouvement et à s'étendre le long du Rhin. Les premiers coups Turent portés en Hollande. Molitor n’avait que quatorze mille hommes pour la défendre. Fatiguée du joug français, elle tendait la main aux coalisés comme à des libérateurs. Molitor se retira sur Utrecht. Bulow entra , le a4 , à Amsterdam. Un gouvernement provisoire y fut établi; il proclama l’indépendance des Provinces-Unies , et rappela le prince d’Orange. L’amiral Werhuel, n’ayant pu sauver ses vaisseaux , se décida à défendre les ouvrages de Niewe-Drep, du Helder, du Texel, et s’enferma dans le fort Lasalle. Hollandais, mais amiral français , il fit son devoir jusqu’à la dernière extrémité. Le roi Louis , se croyant adoré des Hollandais , s’était mis en tête de retourner dans son royaume. Il l’avait proposé à l’Empereur au commencement d’août. A la fin de novembre, il s’offrit aux magistrats (^Amsterdam. Sa place avait été donnée. D’ailleurs, les souvenirs de i8io ne pouvaient prévaloir contre l’anathème dont était frappée la dynastie napoléonienne.
Bulow continuant ses progrès , Molitor passa la Meuse, et se retira sur Anvers. Rampon se renferma dans Gorcum, Bizanet à Berg-op-Zoom. T .'Empereur
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