‹ Le Consulat et l'EmpireChapitre 198 sur 300 · CHAPITRE XCV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XCV

bases durables. Ces moyens seraient efficaces, si les Français étaient persuadés que le gouvernement n’aspirait plus' qu’à la gloire de la paix, que leur sang ne serait plus versé que pour défendrë une patrie et des lois protectrices. Mais ces mots c;pnsolateurs de paix et de patrie retentiraient en > vain, si l’on ne garantissait les institutions qui en promettaient les bienfaits. Il paraissait donc à la "commission indispensable qu’en même temps que le gouvernement proposerait les mesures les plus promptes pour la sûreté de l’état, sa majesté fût suppliée de maintenir l’entière et constante exécution des lois qui garantissaient aux Français les droits de la liberté, de la sûreté, et à la nation le libre exercice de ses droits politiques.

La discussion fut très animée. Le président Régnier interrompit Raynouard par ces mots : « Orateur, ce que vous dites est inconstitutionnel. » A quoi il répliqua : « Il n’y a ici d’inconstitutionnel que votre présence. »

La délibération fut renvoyée au 3o. Une majorité des quatre cinquièmes vota une adresse à l’Empereur, l’impression et la distribution du rapport de Laîné à six exemplaires. L’Empereur fit arrêter l’impression, saisir les épreuves, et ne reçut pas l’adresse'; il vint au conseil d’état.

« Messieurs, dit-il, vous connaissez la situation des choses et le danger de la patrie; j’ai cru, sans y être obligé, devoir en donner une communication intime aux députés du Corps-Législatif; j’ai voulu

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les associer ainsi à leurs intérêts les plus chers. Mais ils ont fait de cet acte de ma confiance une arme contre moi, c’est-à-dire contre la patrie. Au lieu de me seconder de leurs efforts, ils gênent les miens. Notre attitude seule pouvait arrêter l’ennemi, leur conduite l’appelle. Au lieu de lui montrer un front d’airain, ils lui découvrent nos blessures; ils me demandent la paix à grands cris, lorsque le seul moyen pour l’obtenir était de me recommander la guerre. Ils se plaignent de moi, ils parlent de leurs griefs; mais quel temps prennent-ils, quel lieu? N’était-ce pas en famille, et non en présence de l’ennemi, qu’ils devaient traiter de pareils objets? Étais-je donc inabordable pour eux ? Me suis-je jamais montré incapable de discuter la raison? Toutefois, il faut prendre un parti : le Corps-Législatif, au lieu d’aider à sauver la France, concourt à précipiter sa ruine; il trahit ses devoirs; je remplis les miens, je le dissous. »

Il fit donner lecture d’un décret portant que deux cinquièmes ilu Corps-Législatif ayant déjà épuisé leurs pouvoirs, qu’au i*''' janvier un autre cinquième allant se trouver dans le même cas, la majorité serait sans pouvoirs; qu’en conséquence le Corps-Legislatif était prorogé et ajourné jusqu’à ce que de nouvelles élections l’eussent complété.

« Tel est, reprit l’Empereur, le décret que je rends; et si l’on m’assurait qu’il doit, dans la journée, porter le peuple de Paris à venir en niasse me massacrer aux Tuileries, je le rendrais encore; car tel est mon devoir. Quand le peuple fraïu^^ais me confia sc.s

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