CHAPITRE XCVr
qua de direction et d'ensemble, il ny eut point de grand mouvement national.
Les frontières étaient envahies, Paris allait être
menacé, il était sans défense; l’Empereur se décida
enfin à y pourvoir. Les uns, en petit nombre, lui proposaient de se servir d’hommes capables de mettre en mouvement les masses; la tourbe des courtisaus lui conseillait de recourir aux classes élevées plutôt qu’aux jacobins et à la canaille. «Dans ma position, dit-il, il n’y a pour moi de noblesse que dans les faubourgs et de canaille que dans la noblesse. » Il fit des promenades dans les faubourgs, il y trouva du dévoûment ; cependant les courtisans l’emportèrent.
Le 8 janvier seulement, l’Empereur décréta l’organisation et la mise en activité de la garde nationale de Paris : c’était lui qui la commandait. Il en donna le commandement en second au maréchal Moncey, et nomma à tous les grades supérieurs. C’était , comme pour les cohortes urbaines , une élite des habitans riches et aisés, bons pour protéger les propriétés et faire la police, mais incapables de se dévouer à la défense de la ville contre l’ennemi. Là où il fallait des commandans et des officiers populaires, on nommait des hommes de cour ou du pouvoir, des hommes titrés pour diriger des bourgeois. La force de cette garde nationale, prise dans une population d’environ six cent mille âmes , était réduite à trente mille hommes; les plus propres à se battre , les plus capables de dévoûment restaient en dehors et désarmés.
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Ne pouvant affronter à-la-fois toutes les masses ennemies, Napoléon était réduit à concentrer ses forces, à observer les mouvem’ens de leurs corps d’armée pour tomber sur ceux qu’il trouverait isolés et les battre ainsi en détail. Avec ce système, il devait obtenir des succès partiels, mais ce ne serait pas sans éprouver des pertes, et, en définitive, ne viendrait-il pas un moment où la victoire resterait aux plus forts bataillons?
L’Empereur jugea qu’il ne pouvait plus différer d’aller se mettre à la tête de ses armées} il y envop Berlhier pour annoncer sa prochaine arrivée.
Dans ce moment où il apportait tant de réserrc dans l’emploi de la garde nationale, il décrétait la formation, à Paris, de douze régimens de voltigeurs et de tirailleurs, composés de volontaires âgés de plus de vingt ans jusqu’au-dessous de cinquante: ils ne purent se compléter.
Le a3 janvier, accompagné de l’Impératrice et du roi de Rome, il reçut, au palais des Tuileries, le serment des officiers de l’état-major et des douee légions de la garde nationale. « Je pars avec confiance, leur dit-il, je vais combattre l’ennemi, et je vous laisse ce que j’ai de plus cher, l’Impératrice et mon fils. 3) Ils acceptèrent le dépôt avec enthousiasme. Ce fut une scène touchante.
Dans un conseil, composé des grands dignitaires, des ministres et des ministres d’état, il reçut aussi le serment de llmpératrice, à laquelle il conférait la régence. Il nomma son frère Joseph son lieute-
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