CHAPITRE XCVr
nant. Les pouvoirs de la régente étaient très limités. D’après les lettres-patentes, elle ne pouvait présenter aucun sénatus-consulte , ni proclamer aucune loi. Dans la nuit, l’Empereur brûla ses papiers les plus secrets, il embrassa sa femme et son fils, et le a5, à trois heures du matin , il monta en voiture.
Le lendemain, une députation d’officiers de la garde nationale présenta à l’Impératrice une adresse à l’Empereur, revêtue de cinq cents signatures : c’étaient dans toutes les classes les plus grandes notabilités de Paris. «Partez, sire, y disait-on, partez avec sécurité, que nulle inquiétude sur le sort de ce que vous avez, de ce que nous avons de plus cher ne trouble vos grandes pensées; allez avec nos enfans et nos frères repousser les ennemis coalisés qui ravagent nos provinces. A la force de vos armes , à la puissance de votre génie , nous unirons la force de l’esprit public que raniment les dangers de la patrie, la puissance de la fierté nationale, qui s’indigne de
l’insolent orgueil des étrangers Les ennemis ont
en vain conçu l’injurieux espoir de diviser la nation, son union avec son souverain est indissoluble.......
Fiers du dépôt auguste que vous remettez à notre foi, nous défendrons votre capitale contre les étrangers , et votre trône contre tous les efforts de tous
les genres d’ennemis En recevant la couronne,
vous reçûtes aussi nos sermens, nous les renouvelons aux pieds de votre majesté, aux pieds de l’épouse révérée , si digne de votre amour et du nôtre , et devant le berceau de votre auguste fils. »
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« J’ai partagé, répondit l’Impératrice, les sentimens que l’Empereur éprouvait en vous parlant. Comme lui j’ai une entière confiance dans votre courage, dans votre dévoûment et dans votre fidélité.»
La plus grande partie des officiers était de bonne foi. Alors on se résignait bien au sacrifice de la plupart des conquêtes, on ne soupçonnait pas que le trône impérial fut en danger.
On avait arrêté un système de travaux pour la défense de la capitale : on s’y prit encore trop tard; on organisa, pour les exécuter, un corps de génie de la garde nationale.
Depuis la tentative de négociation faite auprès du pape, le i8 décembre, il était resté oublié, sa présence à Fontainebleau n’était plus qu’un embarras. Il eût été fâcheux pour l’Empereur que Pie VH fût délivré par les coalisés. Il se détermina à le faire partir : désirant encore un arrangement, il envoya, le 19 janvier, l’évêque de Plaisance, Beaumont, auprès du pape, muni de pouvoirs et d’un projet de traité par lequel on lui rendait ses états , sans aucune condition. Le pape répondit qu’il ne pouvait se prêter à aucune négociation, parce que la restitution de ses états était un acte de justice, et ne pouvait devenir l’objet d’un traité; qu’il ne demandait qu’à retourner à Rome. Le lendemain, M. de Beaumont étant allé prendre congé , le pape lui dit : « Assurez l’Empereur que je ne suis pas son ennemi ; la religion ne me le permettrait pas- Taime la France, et, lorsque je serai à Rome, on
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