CHAPITRE XCVI
verra que je ferai tout ce qui sera 'coDvenable. » ■ L’Empereur donna l’ordre de départ du pape; le a 3 janvier, il se mit en route, après avoir fait ses adieux aux cardinaux , et leur avoir laissé une instruction très étendue, comme règle de conduite, et pour leur défendre deconsentir à aucune composition. Le a6, les seize cardinaux qui étaientà’Fontainebleau, reçurent l’ordre de se rendre dans différentes villes de l’intérieur.
Le pape croyait être parti pour Rome; il avait été dirigé sur Savonne.- Le receveur général du département de Montenotte reçut l’ordre de mettre à la disposition du préfet ia,ooo francs par mois pour payer la dépense de la maison du pape, pendant tout le temps que, vu les circonstances, le souverain pontife aurait sa résidence à Savonne. Les évènemëns rendirent ces dispositions inutiles.
- Au milieu de tant de désastres qui affligeaient la France, la fin de la longue lutte avec le pape passa presque inaperçue. Ses fers allaient être brisés ; sans soldats, sans trésors, par l’obstination , la patience, il triomphait du plus grand capitaine, du plus puis- •%ant monarque. Plus fatale aux princes qui la reconnaissent, qui la protègent, qui s’allient avec elle, qu’à ceux qui s’en affranchissent , la cour de Rome donnait une grande leçon aux rois.
Malgré les protestations répétées des puissances , les apparences étaient peu favorables à la paix. La négociation, suspendue pendant un mois, reprit son cours , et marcha de front avec les opérations
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de la guerre. Lorsque l’adhésion de l’Empereur aux bases de Francfort, notifiée, le a décembre, par Caulaincourt , parvint à Metternicb, les dispositions des puissances étaient changées , elles avaient publié leur déclaration hostile, du i'*’; il fit une réponse dilatoire. Les puissances avaient décidé que l’adhésion serait portée sans délai, à la connaissance de leurs alliés , ne doutant pas qu’après la réception de leurs réponses, les négociations ne pussent s’ouvrir; elles furent suspendues. Les puissances donnèrent pour prétexte qu’elles attendaient l’arrivée de lord Castelreagh ; lord Aberdeen , qui avait concouru aux bases de Francfort, n’avait point, disaient-elles, de pouvoirs. Il était clair que la négociation n’était, pour elles, qu’un pis-aller tenu en réserve. Napoléon en jugea d’abord ainsi : il envoya cependant Caulaincourt à leur quartier général. D’après ses instructions, il lui paraissait douteux que les alliés fussent de bonne foi, et que l’Angleterre voulût 11 paix. Lui la voulait solide, honorable; la France, dans ses limites naturelles, sans Ostende, sans Anvers, ne serait plus en rapport avec les autres états de l’Eui’ope. L’Angleterre et toutes les puissances avaient reconnu ces limites à Francfort ; il les avait acceptées, mais il était plus que probable que les alliés avaient d’autres idées, leurs propositions n’avaient été qu’un masque. Les négociations une fois placées sous l’influence des évèuemens militaires, on ne pouvait prévoir les conséquences d’un tel système. Il fallait donc que Caulaincourt écoutât, ob-