CHAPITRE XCVI
espérahces de leurs partisans, et que si un parti pouvait se former en France, ce serait uniquement celui de la révolution, vulgairement appelé des jacohins. 1
Caulaincourt fiit chargé de proposer un armistice k Metternich, autant dans les intérêts de l’Autriche que dans ceux de la France. Quant aux conditions , jamais l’Emperçur n’en accepterait de déshonorantes , par exemple , de remettre une seule place française, ou de donner ime somme d’argent; mais il consentirait à remettre, en Itahe, Venise et Palma- Nova, en Allemagne, Magdebourg et Hambourg, bien entendu sous la réserve des ^misons, magasins , artillerie et vaisseaux. Metternich ne crut pas devoir faire usage de la proposition, convaincu qu’elle ne mènerait à rien. ’
Napoléon fit rappeler à Caulaincourt les conditions de la paix; c’étaient toujours les bases de Francfort. Le système de ramener la France à ses anciennes frontières était inséparable du rétablissement des Bourbons, parce qu’eux seuls pourraient offrir une garantie du maintien de ce système; l’Angleterre le sentait bien. Avec tout autre, la paix sur une telle base serait impossible , et ne pourrait durer. Ni l’Empereur, ni la République, si des bouleversemens la faisaient renaître, ne souscriraient jamais à une telle condition. Pour ce qui était de lui ,
* Lettre de La Besnardière à Caulaincourt , du 1 3 janvier. ^ Lettres des 16, 19 et aS janvier.
490 EMPIRE. AM l8l4-
sa résolution était bien prise, elle était immuable. Il ne laisserait pas la France moins grande qu’il ne l’avait reçue. Si donc les alliés voulaient changer les bases acceptées , et proposer les limites anciennes, il ne voyait que trois partis : ou combattre et vaincre, ou combattre et mourir glorieusement, ou enfin, si la nation ne le soutenait pas , abdiquer. Il ne tenait pas aux grandeurs , il n’en achèterait jamais la conservation par l’avilissement. S’il fallait d’autres sacrifices que les bases de Francfort ,ils ne pouvaient porter que sur l’Italie et la Hollande.^
Ces documens sont importans; ils donnent la clef de toute la négociation et de la conduite de Napoléon. Il était décidé à abandonner le trône, plutôt que de le conserver avili , et de consentir à l’abaissement de la France.
Castelreagh était enfin arrivé au quartier général des souverains, de conserve avec Pozzo-di-Boi^. Ils avaient désigné Chàtillon-sur-Seine pour la tenue du congrès. Caulaincourt s’y rendit le a i janvier. En annonçant que leurs plénipotentiaires y viendraient le 3 février, Mettemich ne doutait pas que celui de France n’y trouvât la preuve de l’empressement des puissances à ouvrir la négociation dans le plus court délai possible.
L’Italie était le champ de bataille de toutes les ambitions. L’Autriche aspirait à sa conquête ; Napoléon , s’il ne pouvait la conserver , voulait en faire
* Lettre du 19.