CHAPITRE LX.XXI
sur Witepsk, Napoléon dut continuer àse portersur cetteville parla rive gauche de la Dtma, espérant toujours de les forcer à une bataille-Tandis que les corps qu’il avait sous la main marchaient dans ce dessein, lui à Becbenko-Wiezi s’occupait de ceux qui étaient en arrière. Il avait laissé sur la Basse-Duna leè maréchaux Macdonald et Oudinot; Wittgenstebi était resté entre eux pour couvrir la route de Saint-Pétersbourg. Le dessein de Napoléon était de le contraindre à quitter sa position , afin de. débarrasser les deax rives de la Duna et de mettre les denx maréchaux en communication , et en état de combiner leurs manœuvres. Macdonald qui, le 1 9 juillet , après le tombât d'Eckau, était arrivé devant Riga, firt chargé principalement de pousser le siège de cette place et de celle de Dunabourg. Oudinot qui était plus spécialement opposé à Wittgenstein, reçut l’ordre de se porter sur Sebège pour couper sa retraite sur Saint-Pétersbourg. « Marchez haut la main sur lui, lui écrivit l’Empereur, pressezrk vivement l’épée dans les reins , et balayez la rive droite que vous avez devant vous , je marche sur Witepsk : quand vous serez à Sebège , nous nous mettrons en communicatimi par Nevel où j’enverrai du monde. » Barclay, sentant que le projet de l’Empereur était de se jete!' en niasse entre le Dnieper et la Duna pour empéclier la réunion des deux années russes, avait résolu de le prévenir en se portant directefflent par Babinowiczi à Orcba. Il avait ordonné- k Bagration de percer sur cette ville en qttaquant le
EMPIIIE. AN 1812.
flanc droit des Français, où il ne les supposait pas en force , voyant la plus grande partie de leur armée se concentrer sur leur gauche. Il détacha le général Osterman sur Ostrowno, pour les contenir autant que possible et donner le temps au corps de Doctorof qui forttiait l’arrière-garde de rejoindre. Ostermann se trouva bientôt aux prises avec le roi de Naples ; le combat fut animé. Faute d’infanterie Muratne put entamer les Russes que favorisait un pays boisé. Le prince Eugène accourut. La division Delzons, qui marchait en tète, arriva la première. Ostermann fit sa retraite , à une lieue au-delà d’Ostrowno, où Murat établit son quartier général. Le lendemain, réuni au prince Eugène, il marcha à l’ennemi. Mais dans la nuit Barclay avait envoyé le général Ronowitsyn avec sa division et le premier corps de cavalerie, pour recueillir et remplacer Ostermann qui se replia et prit poste en arrière. Murat recommença son attaque. Le combat fut encore plus chaud que la veille; les Russes tinrent ferme; vers dix heures du matin quinze à vingt mille hommes se trouvèrent engagés. La gauche des Français voulut déborder l’ennemi, elle fut assaillie par sa réserve et ramenée. La gauche, sous le général Roussel, fut plus heureuse; tous les chefs payèrent de leur personne. Ronowitsyn se mit en retraite sur Romarki , où il trouva le général Touczof que Barclay avait envoyé à son secours; il prit le commandement et parut disposé à tenir. Le roi de Naples et le prince Eugène hésitaient; Napoléon se porta à la tête de la colonne,
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CHAPiTUE IXXXI.
observa la position des Russes et lan^:a sur eux le quatrième corps à travers les bois. Ils avaient déjà disposé leur retraite et la continuèrent jusqu’à Dobreika. Napoléon prit son quartier général à Koukowiczi.IjesRusses avouent une perte, dans ces deux journées,de deux mille cinq cents hommes parmi lesquels legénéral Akoulof tué, et desix canons. Il est vrai qu’ils portent celle des Français à plus de trois mille. Le général Roussel, qui avait si bravement combattu , visitant les avant-postes à dix heures du soir , fut tué d’un coup de feu tiré, suivant le dixième bulletin, par un éclaireur français qui le prit pour ennemi.
Barclay réunit son armée près de Witepsk derrière la Soucketza. Après les combats des a5 et a6, il jugea qu’il ne pouvait plus effectuer sa marche sur Orcha, sans risquer d’être fortement inquiété sur son flanc’ droit. S’il reculait davantage vers Poreizié ou Sourage, il renonçait entièrement à sa réunion avec Bagration, qu’il supposait en marche sur Orcha. Dans cette extrémité il se décida à livrer bataille. Il n avait que quatre-vingt-deux mille combattans; Napoléon pouvait lui en opposer cent vingt mille. Ayant appris que Bagration, n’ayant pu percer sur Mohilow, s’était rabattu sur Smolensk, Barclay résolut de quitter sa position et de se replier sur cette ville. Napoléon employa la journée du •î.'] à reconnaître le terrain , à rassembler et à placer ses troupes pour livrer bataille le lendemain. Mais pendant la nuit , Barclay avait mis son armée en marche. Le a 8 au point du jour, tout avait disparu. Les Français en-
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trèrent en silence à Witepsk que ses habitans avaient déserté , incertains de la direction qu’avait prise l’armée russe. On ne tarda pas à apprendre qu’elle marchait sur Smolensk. Les deux armées russes s’y réunirent le 3 août.
N’ayant plus l’espoir de les battre isolément, Napoléon se prépara à poursuivre les opérations contre elles; ses troupes avaient beaucoup souffert par des mauvais temps et la mauvaise nourriture dwis leur marche, depuis le Niémen. Il y avait un grand nombre de malades; la chaleur était excessive, il était indispensable d’accorder du repos^à l’armée; elle s’arrêta donc à Witepsk et, renforcée par les corps de Davouet, de Poniatowsky et de Westphalie, elle prit descantonnemens dont la gauches’appuy ait à Sourage, sur la Dwina ; la droite s’étendait à Mohilow sur le Borysthène, ayant son avant-garde à Doubrowna.
Napoléon porta alors son attention sur les ailes de l’armée russe , dont ses succès au centre n’avaient point entraîné le retraite. A la gauche Tormazioff, que la marche du roi de Westphalie et l’appel de Schwarzenberg auprès de l’Empereur avaient laissé sans ennemis, avait reçu l’ordre de prendre l’offensive sur les derrières de Jéréme. A la tête de trentecinq mille hommes, il tomba à l’improviste sur les Saxons qui s’étaient aventurés sans être en force , et enleva, le a3 juillet, à Kobrin, la brigade , Klingel qui formait la tête de leurs cantonnemens. N’ayant plus que treize mille hommes, Reynier se replia sur Slonim et demanda des secours. ■m'/i
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Ou aviut eu une bieu J'aU^e i^e deâ. forces de Tormazoff. Cinq jours avant . la fâcheuse expérience qa’on venait d’en faire, Napoléon, donnant à Ifeynier carte blanche pour entrer en Volhynie et l’inswrger, lui écrivait que le corps russe ne pouvait lui IgapQser en rien , que ce n’était qu’up ramassis de troisièmes bataillons, de recrues sans aucune consistance; que les renforts annoncés étaient des chintères ; que jamais l’ennemi ne serait, assez insensé pour détacher quinze ou vingt mille hommes de bonnes troupes sur Varsovie , lorsque Saint-Pétersbourg et Moscou étaient menacés ; ^ue le grand-seigneur avait refusé de ratifier la paix, et que les flusses étaient obligés d’envoyer de nouvelles forces en Moldavie et en Valacliie '} on fut détrompé par l’échqç qu’avait éprouvé Reynier; qn reconnut la nécessité de le renforcer. Napoléon fut obligé de rendre les Autriclûens à leur première destination. « Ralliez toutes vos forces , écrivit-il , le 2 août , à Schyvarzenberg ; vous avez plus de quarante mille hommes; marchez sur Tornaazoff, livrez-lui bataille, battez-le et suivez-le sans relâche, jusqu à çe que vous en soyez venu,àbout.»
A la droite des Russes, Wittgenstein se trouvait toujours placé entre Macdonald et Oudinot.,Le dernier de çes maréchaux ayait reçu l’ordre de marcher haut la main sur les Ritsses et de se porter à Sebège. Inquiété par Macdonald, Wittgenstein jugea devoir marcher au devant du deuxième corps. La rencontre
* lettre du 23 juilkit.
EMPIRE. — RM l8la.
eut lieu ]e 3o juillet à Kliastitsy; on combattit toute la journée, et le 3i au matin , Oudinot fut ramené sur la Drissa. Le i" août, le général Koulneff, à la tête de dix mille hommes, passa la rivière, persuadé qu’il aurait bon marché d’un ennemi en retraite. Oudinot les foudroya, les mit en désordre, lança sur eux les divisions Legrand et Verdier et les rejeta avec de grandes pertes au-delà de la Drissa. Oudinot tomba à l’instant dans la même faute ; il lança la sejile division Verdier, à la poursuite de l’ennemi. Ce général donna tête baissée sur toute l’armée russe qui le ramena à son tour avec une perte notable. Oudinot rentra le a à Polotsk ; pour le mettre en état de tenir la campagne , l’Empereur lui envoya les Bavarois commandés par Saint-Cyr. Les Russes évacuèrent Dunabourg; Macdonald y entra sans coup férir , et s’occupa à en détruire les ouvrages. Le général prussien Grawert, qui était devant Riga, somma cette place. Le général russe, Essen, répondit comme s’il n’avait rien à craindre de sérieux de la part d’un ennemi' qui ne pouvait être un allié sincère des Français , et il ne se trompait pas.
A. Witepsk, Napoléon partageait son temps entre les soins qu’il donnait à son armée, les ordres qu’exigeaient les opérations et l’expédition des affaires intérieures de l’Empire. Il y apprit deux évènemens funestes et plus utiles à la Russie que le gain de batailles ; le premier , que le traité de paix avec la Russie avait été ratifié par le sultan , le 1 4 juillet, a Ils paieront cette faute bien cher, dit Na-