CHAPITRE LXXXt
poléou ; elle est si grossière que je ne devais pas la prévoir. » Le second qu’un traité avait été signé lea4 mars, entre la Russie et la Suède; il en soupçonnait d'autant moins l’existence que , le aq mai , Bernadette avait encore envoyé Signeul à Dresde , porter ses propositions d’arrangemens. D’autres traités d’alliance étaient conclus à Œrebro , le i8 juillet, par l’Angleterre, avec la Suède et la Russie. L’Angleterre payait en 1 8 1 a à la Suède, un subside d’un million de livres sterling; à la Russie un subside de 700,000 livres , et lui fournissait des armes et des approvisionne mens. Sous prétexte que l’invasion des Français menaçait la flotte russe, composée de dix-huit vaisseaux de ligne et de douze frégates , si on la laissait prendre dans les glaces , ou plutôt en garantie des engagemens de la Russie, il fiit stipulé que cette flotte serait envoyée dans les ports de la Grande-Bretagne pour être réunie à l’escadre de 1 amiral Siniavin , consignée aux escadres anglaises jusqu’à la paix, par la capitulation du mois d’août 1 808.
Les gazettes et d’autres documens imprimés apprirent l’effet produit à Moscou par la présence de 1 Empereur Alexandre. Le 27 juillet, les nobles et les marchands avaient été rassemblés au palais im- , périal. Le gouverneur Rostopchin leur avait fait voter des levées d’hommes et d’argent. Adexandre était venu à l’assemblée, pour lui exprimer sa reconnaissance. Il avait par ses paroles et la franchise de cette communication électrisé tous les cœurs,
exalté l’enthousiasme. Après avoir par un édit régularisé les sacrifices qu’il exigeait ou qui lui étaient offerts, il était parti pour Saint-Pétersbourg, où il avait ordonné vm nouveau recrutement,
L’influence de la paix avec les ïurçs et des traités entre l’Angleterre, la Russie et la Suède se faisait déjà sentir, Les Russes de l’armée de Moldavie pouvaient Venir renforcer celle deTormasoff en Volhynie. Il y avait lieu de croire que le corps d’armée d’observation de Finlande se joindrait tôt ou, tard à l’armée de Wittgenstein. Dans la marche , dans les opérations, dans les actes de l’ennemi on remarquait de la confiance, de la hardiesse, un ton décidé qu’il n’avait pas eus depuis l’ouverture de la campagne. 1
Cet état de choses était propre, à inspirer de sérieuses réflexions. Les inquiétudes, le découragement et les murmures qui s’étaient déjà manifestés autour de Napoléon à Vilna, se renouvelèrent à Witepsk. Ils avaient des prétextes ou des motifs de plus dans les évènemens qu’on avait appris ; cet esprit gagna jusqu’à des chefs éloignés. Augereau écrivait de Berlin : que les Anglais et les Suédois menaçaient les bouches de l’Elbe et celles de l’Oder avec soixante mille hommes. Napoléon traita ces bruits d’absurdités. Des ordres furent cependant expédiés dans toute l’Allemagne, pour que sur tous les points des troupes fussent tenues à la disposition du maréchal.
Le but du séjour de l’armée à Witepsk était l'empli : elle s’était réunie et reposée , les circonstances
Digilized by GoogI