CHA.P1TRE XCVI
pour but la poursuite.de la guerre, pour concourir, par la réunion de leurs efforts, au rétablissenient d’un juste équilibre entre les puissances , et pour assurer un état de paix véritable à l’Europe, et en particulier en Italie, où les deux parties contractantes se garantissaient la défense de leurs états et intérêts respectifs. Elles convenaient de s’aider avec tous les moyens que la providence avait mis à leur disposition, et de ne jamais poser les armes que d’un commun accord. L’empereur emploierait ses bons offices pour faire accéder ses alliés à la garantie des états du roi; il s’engageait à tenir constamment en campagne cent cinquante mille hommes, dont au moins soixante mille pour agir en Italie, et le roi un corps de trente mille.
Par des articles secrets, l’empereur s’obligeait à employer tous les moyens, même de force, pour obtenir, et sous sa garantie, en faveur du roi, un acte de renonciation formelle du roi de Sicile à toutes prétentions sur le royaume de Naples. Par contre, Murat renonçait à toutes prétentions sur la Sicile , et reconnaissait le principe d’une indemnité pour le roi Ferdinand. L’empereur assurait à Murat , en indemnité de ses sacrifices et de ses efforts pour le soutien de la cause commune, une bonne frontière militaire, et une acquisition sur l’échelle de quatre cent mille âmes à prendre dans les états romains.
Le négociateur autrichien avait aussi assuré que lord Bentinck avait de.s pleins pouvoirs pour
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traiter et conclure. Il arriva à Naples et proposa un simple armistice, qui fut rédigé de concert avec le marquis de Gallo. Il fut fait un plan d’opérations militaires pour les armées autrichienne, anglaise et napolitaine. Sans attendre la ratification du traité et l’adhésion de l’Angleterre, Murat ébloui, se mit étourdiment en mesure de l’exécuter, et publia sa fameuse proclamation du 1 6 janvier.
« Soldats! aussi long-temps que j’ai pu croire que l’Empereur Napoléon combattait pour la paix et le bonheur de la France, j’ai combattu à ses côtés; mais aujourd’hui , il ne m’est plus permisde conserver aucune illusion ; l’Empereur ne veut que la guerre. Je trahirais les intérêts de mon ancienne patrie, ceux de mes états et les vôtres, si je ne séparais pas su^ le-champ mes armes des siennes, pour les joindre à celles des puissances alliées, dont les intentions magnanimes sont de rétablir la dignité des trônes et l’indépendance des nations.
« Je sais qu’on cherche à égarer le patriotisme des Français qui sont dans mon armée par de faux sentimens d’honneur et de fidélité ; comme s’il y avait de l’honneur et de la fidélité à assùjétir le monde à la folle ambition de l’Empereur Napoléon.
a Soldats ! il n’y a plus que deux bannières en Europe; sur l’une vous lisez : religion, morale, justice, modération, lois, paix et bonheur; sur l’autre, persécutions, artifices, violences, tyrannie, guerre et deuil dans toutes les familles. »
Ces outrages grossiers soulevèrent toutes les âmes.
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