‹ Le Consulat et l'EmpireChapitre 214 sur 300 · CHAPITRE ACVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE ACVI

5oi

corps de Wittgenstein et de Wrède, forts de quarante mille hommes. Les alliés attaquèrent à une heure après-midi; les Français se défendirent avec intrépidité; mais ils ne purent l’emporter sur des forces infiniment supérieures. A la nuit ils se replièrent sur Brienne, laissant cinquante-quatre canons embourbés ou démontés, ayant cinq ou six mille hommes hors de combat : la perte de l’ennemi ne fut pas moindre.

A la faveur de la nuit, l’armée française fit sa retraite sur Troyes sans être inquiétée par les alliés et à leur insu. A quatre heures du matin , l’Ëmpereur quitta le château de Brienne; mais Marmont, resté sur la rive gauche de l’Aube pour favoriser la retraite, se trouva dans une position difficile et entouré par vingt-cinq mille Bavarois. A la tête de sa . division il marcha sur eux, les culbuta et regagna, par le village de Rosnay, la rive droite de l’Aube, sans être poursuivi pa^ l’ennemi , étonné de ce mouvement audacieux, une des plus belles actions de la campagne. L’armée se réunit à Troyes.

L’ennemi avait envahi la Belgique. Menacé par l’armée de Silésie, qui s’étendait vers Trêves , par le corps de Saint-Priest , qui s’avançait vers Bonn , et par le mouvement offensif de Bulow , Macdonald se replia , et le 1 4 prit position en avant de Maéstricht et d’Aix-la-Chapelle. Maison, laissant Roguet et Ambert devant Anvers, vint s’établir à Louvain, avec Barrois et Castex, et fit des détachemens sur Bruxelles et Malines. Macdonald, ayant reçu l’oi-dre

5o'J EMPIAE. AN l8l4- '

de ve»ir sur la Marne , qmtta la Belgique, et arriva le a février à Châlons. Ce mouvement livrait la Belgiqpeà l’armée russe de Wintzingerode. Castezeut un engagement avec son avant-^arde , près de Liège, fut blessé, et se retira sur Saint-Tiw)nd. Les Russes se dirigèrent sur Namur et Philippe ville, sur Givrt et Mézières.

Un soulèvement des habitons , combiné avec uae , attaque des Prussiens, dans la nuit du 26 janvier, leur livra Bois-le-Duc. La garnison, forte de six cents hommes, se retira dans la citadelle, où elle capitula le lendemain.

Débordé parle corps de Wintînngerode,Maisonse leplia sur Bruxelles. Bulow se disposa à faire, avec les Anglais, une nouvelle tentative sur Anvers. Le I **' février, ils attaquèrent en quatre colonnes , replièrent les postes avancés; mais, après un combat opimâtre, ils furent contenus ou repoussés sur tous les points. Dans la nuit du 2 au 3, les Anglais établirent des batteries pour brûler la flotte, et bombardèrent pendant douze heures ; les vaisseaux étant blindés, ne souffrirent aucun dommage. Dans ce moment, Carnot parvint, à travers les plus grands dangers, à entrer dans la place, où ü venait remplacer, comme gouverneur, le général Lebrun (duc de Plaisance).

En i8oq, à la fin de l’entrevue qu’il eut avec 1 Empereur pour le remercier de lui avoir rendu sa pension , Napoléon lui dit : « Adieu , monsieur Carnot, tout ce que vous voudrez, quand vous voudrez,

Dflitized by Googi

Page 1