‹ Le Consulat et l'EmpireChapitre 215 sur 300 · CHAPITRE XCVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XCVI

comme vous voudrez. » Carnot ne le revit plus. Le 24 janvier, il lui écrivit : « Sire, aussi long-temps que le succès a couronné vos entreprises, je me suis abstenu d’offrir à votre majesté des services que je n’ai pas cru lui être agréables ; aujourd’hui que la mauvaise fortune met votre constance à une grande épreuve, je ne balance plus à vous faire l’offre des faibles moyens qui me restent : c’est peu, sans doute , que l’offre d’un bras sexagénaire ; mais j’ai pensé que l’exemple d’un soldat, dont les senti mens patriotiques sont connus, pourrait rallier à vos aigles beaucoup de gens incertains sur le parti qu’ils doivent prendre , et qui peuvent se persuader que ce serait servir leur pays que de l’abandonner. Il est encore temps, sire, de conquérir ime paix glorieuse rt de faire que l’amour d’un grand peuple vous soit rendu. »

La fin de cette lettre n’était pas flatteuse; mais l’offre était si noble! L’Empereur nomma Carnot gouverneur d’Anvers, la place la plus importante par sa position, sa grandeur et ses établissemens maritimes. Il n’est pas besoin de dire comment l’auteur de la Défense des places sut justifier cette preuve de confiance.

Le lendemain de son arrivée, les Anglais continuèrent le bombardement, il dura trois jours. Le 6, ils se retirèrent avec une perte de quinze cents hommes, et sans avoir occasioné que très peu de dégâts. Bulow réunit son corps à Lier et entra- à Bruxelles.

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Après avoir passé le Rhin à Bâle , Bubna se dirigea sur Genève. Le 3o décembre , il somma la ville. Elle était défendue par dix -huit cents hommes et cent dix -sept bouches à feu. Un renfort de quinze cents hommes , envoÿés de Grenoble , était déjà à Annecy. Mais le général Jordis, qui y commandait, fut frappé d’apoplexie. Depuis trois jours, le préfet Capelle avait déserté son poste. L’aristocratie génevoise s’était emparée de l’autorité. Le commandant en second se laissa persuader d’évacuer la ville. La garnison se replia sur Rumilly. Les magistrats ouvrirent leurs portes aux Autrichiens. Par un décret du 5 janvier, Capelle fut suspendu de ses fonctions et traduit devant une commission d’enquête. '

Bubna marcha à Saint -Claude, Poligny, Salins, le 6 janvier , attaqua Dole , et s’en empara après un combat assez vif avec des gardes nationales. Il échoua pourtant contre Châlons , et fut repoussé. Des renforts ayant porté son corps à dix mille hommes d’infanterie et six mille chevaux, et sa communication étant ouverte avec l’armée de Schwarzenbei^, il se rabattit sur Lyon, poussa un parti siu* Mâcon, et se présenta devant Bourg. Le général Musnier, qui n’avait que douze cents hommes , se replia sur Lyon. Quoique livrées à elles- mêmes, les gardes nationales de Bourg se défendirent en avant de leur ville et dans les faubourgs. Accablées par le nombre.

' Composée des conseillef» d’état Lacuée, Réal et Faure, La restauration libéra Capelle. U en obtint des faveurs.

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