CHAPITRE XCVI
elles l’évacuèrent ; les Autrichiens s’y livrèrent au pillage. Bubna adressa une proclamation aux habitaiis du département , par laquelle , conformément à celle de son général en chef, il faisait un crime à ceux de leur chef-lieu Savoir osé prendre les armes contre ses troupes et sf’opposer à elles sous ses murs. D’après les lois de la guerre, il aurait pu, disait-il, disposer de leurs biens et de leurs vies, mais il les avait épargnés avec une modération qui exciterait leur repentir. Il invitait les absens à rentrer chez eux. Ainsi ^ d’après les principes du général autrichien, tout soldat allemand appartenant à la landioehr, et à la landsturm , aurait pu être bien légitimement fusillé.
Le général Zecbmeister, que Bubna avait laissé à Genève, y avait assuré sa base d’opérations, l’avait fortifiée , et y avait organisé un corps de chasseurs. Le fort de l’Écluse avait capitulé, le 4; celui de Joux s’était rendu, le i6. Bubna continua son mouvement sur Lyon; Zecbmeister se porta sur Chambéry, qu’il occupa, le ao.
En arrivant à Lyon, le i4 janvier, Augereau n’y trouva que les douze cents hommes de Mus nier, portés à dix-sept cents par des dépôts; il désespéra de conserver la ville, et se rendit à Valence pour y réunir les troupes venant du midi et de la Catalogne. Le 17, Bubna envoya une sommation. L’apparition de son parlementaire excita la plus vive indignation parmi les patriotes ; le 18, l’avant-garde autrichienne attaqua le faubourg de la Croix-Rousse; Musnier
EMPIRE. an 1814.
qui, dans la nuit, avait reçu sept cents hommes, la repoussa. Le même jour et la nuit suivante, il en arriva douze cents de Valence, avec du canon. Le ai, , Augereau y revint avec quelques escadrons, et appela les Lyonnais aux armes par une proclamation pleine de patriotisme et de dévoûment à l’Empereur. Bubna se mit en retraite, le aa, et retourna à Pont- d’Ain,
Le commissaire impérial, dans la 7® division militaire, chargea le général Marchand, qui organisait les gardes nationales de l’Isère, du commandement des troupes, et lui adjoignit le général Dessaix. Si toutes les populations avaient été animées du même dévoûment que les hahitans de cette contrée, si toutes les gardes nationales avaient été dirigées par des chefs tels que ces deux généraux, les coalisés auraient trouvé en France leur tombeau.
Mettemich communiqua à Caulaincourt les vues de 1 Autriche. La conduite de l’empereur était et resterait uniforme comme l’était son caractère. Ses principes étaient à l’abri de toute influence du temps et des circonstances. Ils avaient été les mêmes dans des époques de malheur, ils le seraient et lê resteraient après que des évènemens au-dessus de tout calcul humain allaient rasseoir l’Europe dans la seule assiette qui pût lui convenir. L’empereur était entré dans la présente guerre, sans haine, et il la poursuivait sans haine. Le jour où il avait donné sa fille au prince qui gouvernait alors l’Europe, il avait cessé de voir en lui un ennemi personnel. Le sort
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