‹ Le Consulat et l'EmpireChapitre 23 sur 300 · CHAPITRE LXXXI. Jf · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXXI. Jf

exigeaient que Napoléon prit yu parti. JBornera-t-ii ici la campagne , ou la continuera>t-il ?

Si l’on en croit quelques écrivains, il manifesta son intention de s’arrêter. £q entrant à Witepsk, son premier mot fut que la campagne de i8ia était finie, que celle de i8i3 ferait le reste; la guerre de Russie était une guerre de trois ans. D’un autre côté, on lui prête ce propos contradictoire : « Çroyei^vous donc que je sois venu de si loin pour conquérir cette masure'?» Lorsque des discours ne' sont pas conformes au caractère connu d’un personnage , à sa position, et qu’ils n’ont pas été entendus par celui qui les rapporte, il est permis d’en douter. Ce qu’il ^ y a de certain , c’e§t que l’Empereur, contre son habitude, tint conseil; les uns voulaient, en effet, s’arrêter sur la Dwina et le Borysthène, les autres pensaient qu’il était plus sage de continuer les opérations; ce fut l’avis de Napoléon : U le motiva. Une campagne active, disait-il, pouvait avoir des chances défavolables, mais la guerre qui tirerait en longueur en aurait de plus fâcheuses. Si l’on attendait une réunion complète de circonstances favorables, on u’entreprendrait jamais rien. La fortune jouait un rôle dans toutes les entreprises; on ne pouvait pas, au mois de juillet, prendre des quartiers d’hiver. La guerre d’invasion plaisait aux soldats, une défensive stationnaire et prolongée n’était pas dans le génie français. S’arrêter derrière des rivières,, y rester can-

‘ S«BUi , t. 1,1,. a.,. ,

EMPIRE. AN l8ri.

tonnés dans des huttes, manœuvrer tous les jours pour être à la même place après des mois d’ennuis et de privations, ce n’était pas ainsi qu’on avait 1 habitude de faire la guerre. Les lignes de défense que présentaient la Duna et le Borysthène étaient illusoires, les gelées les feraient disparaître. Il ne fallait pas laisser aux alliés le temps de réfléchir à la bizarrerie de leur position. Pourquoi s’arrêter pendant huit mois, lorsque, dans un mois, on pouvait etre à Moscou? La Russie était trop grande pour ceder sans combattre; Alexandre ne pouvait traiter qu’après une grande bataille : la paix était à Moscou. Dans tous les cas, il fallait marcher sur Smolensk où 1 ennemi avait réuni ses forces ; on verrait ensuite à prendre un parti.

Du reste , les Russes reprirent l’offensive , dès-lors plus d incertitude. Il fut résolu, dans un conseil de guetTe, de profiter de la dissémination des corps français pour attaquer le centre de leurs cantonneinens , et de se porter en masse sur Roudnia. Si on 1 enfonçait , ce dont on ne doutait pas , on opérerait ensuite, à volonté, contre l’une ou l’autre de leursailes.

Au lieu d opérer rapidement , les Russes perdirent leur temps en marches et contre-marches. Le loaoût, Platof, qui continuait à s’avancer vers Roudnia avec dix mille hommes, surprit, près de Molewo-Boloto , 1 avant-garde de la cavalerie, commandée par Sébastiani : un combat sérieux de cavalerie s’engagea. Ce général se tira avec peu de perte de ce danger par sa contenance ferme et une retraite bien ordonnée.

Digilized by Googl

Page 1