CHAPITRE XCVlt
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prendre communication; que chacun donnât son avis motivé , et qu’il en fut dressé procès-verbal.
I/6S deux principales armées ennemies manœuvraient séparément. Blücher, s’étendant dans la vallée de la Marne, ambitionnait la gloire d’entrer le premier à Paris. Le terrain ne lui permettant pas de se déployer, il marchait en colonnes prolongées. En les attaquant en flanc, l’Empereur pouvait espérer, de les battre. Étendu sur ses cartes, il dit à Maret , qui lui présentait les dépêches préparées pour Caulaincourt : « Il s’agit maintenant de bien d’autres choses; je suis dans ce moment à battre Blücher de l’œil; il s’avance par la route de Montmirail : je pars; je le battrai demain, je le battrai après demain; si ce mouvement a le succès qu’il doit avoir, l’état des afi&ires va entièrement changer, et alors nous verrons! »
Il semblait naturel que Caulaincourt attendît une réponse, et surtout celle des plénipotentiaires. Entraîné par sa malheureuse confiance en Metternich, il lui écrivit, le 9, et lui proposa de demander aux plénipotentiaires si la France, en consentant, ainsi qu’ils l’avaient demandé, à rentrer dans ses anciennes limites, obtiendrait immédiatement un armistice. Si , par un tel sacrifice , un armistice pouvait être sur-le-champ obtenu, il serait prêt à le faire; il serait prêt encore, dans cette supposition, à remettre sur-le-champ une partie des places que ce sacrifice devrait faire perdre à la France. Il priait Mettemich de mettre sa lettre sous les yeux du père de l’Impé-
ratrice, afin qu’il vît le sacrifice que la France était prête à faire, et qu’il décidât. i
Loin de toucher le cœur de l’empereur d’Autriche et de son ministre, cette ouverture n’eut d’autre effet que d’interrompre la négociation. On donna pour prétexte que l’empereur de Rüssie voulait se concerter avec ses alliés. Caulaincourt fit une protestation dont on ne tint compte.
Il ne se dissimulait pas que ce procédé était peu favorable à la paix, il l’écrivit à Mettemich. Mais l’Autriche ne la voulait pas plus que ses alliés. Caulaincourt ne le voyait pas encore assez clairement; il supposait qu’ils étaient peu d’accord; tout ce qui se passait depuis quarante-huit heures lui paraissait tenir à im motif auquel on n’était point préparé. Au reste cela ne pouvait tarder à s’éclaircir : la force des évènemens prenait un tel empire que la sagesse et la prévoyance humaine ne pouvaient plus rien’. En effet la suspension du congrès remettait tout, pour le moment, au sort des armes.
Outre les deux parties qui négociaient ostensiblement à Chàtillon , Napoléon et les puissances, il • y en avait une troisième qui y intervenait secrètement, elle se personnifiait dans TaUeyrand. Il avait pour but, d’abord et à tout prix, de renverser Napoléon; projet conçu, nourri, depuis six ans par ce personnage. Depuis six ans, le vice-grand-électeur de l’Empire était en état de conspiration, «t
* Lettre du 9 février.
^ Lettre à Napoléon , 10 févriei .
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