‹ Le Consulat et l'EmpireChapitre 224 sur 300 · CHAPITRE XCVir · texte numérisé non relu

CHAPITRE XCVir

d’Angoulème s’embarqua le premier, vint en Espagne à l’armée de Welbngton; le comte d’Artois aborda, le 2 février, en Hollande , et se dirigea vers le quartier général des alliés; le duc de Berry se rendit à Jersey pour seconder un soulèvement en Normandie, en Bretagne, dans la Vendée.

Après avoir réorganisé sa cavalerie, qui avait beaucoup souffert , 'et encadré dans son armée les renforts qui lui étaient arrivés , l’Empereur laissa à Nogent les maréchaux Victor et Oudinot, pour disputer à Schwarzenberg le passage de la Seine, et dirigea le reste de ses forces sur Sézanne. Ee chemin était mauvais pour le passage de l’artillerie , mais on comptait sur le zèle des habitans de la campagne, qui, dans toutes ces occasions ne manqua jamais. Le 7, Marmont ouvrit la marche , suivi par Ney à un jour de distance. Son avant-garde chassa l’ennemi de Sézanne, traversa la ville, et poussa à Baye ; elle y fut attaquée le 9 , il se retira à Sézanne, où il fut joint par Ney. Le même jour, l’Empereur partit de Nogent avec Mortier, et n’arriva à Sézanne que fort avant dans la nuit.

L’armée de Silésie , poussant devant elle le corps de Macdonald et le grand parc, continuait son mouvement. Le 10, il sortit de la Ferté-sous-Jouarre, dont il fit sauter le pont. Le corps de Sacken y entra, et celui d’Yorck à Château-Thierry. Blücher instruit du mouvement des Français, fit des dispositions pour réunir son armée. Avant qu’elles fussent exécutées, l’Empereur se mit en mouvement de Sé-

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zannc, et fit attaquer le corps russe d’Alsuâeff. Après un combat très vif, il se retira sur Champ-Âubert ; il y fut poursuivi, enfoncé, mis en déroute, avec perte de quatre mille hommes et vingt>et-une pièces de canon.

Ce premier succès confirma l’Empereur' dans les espérances qu’il avait conçues ; il craignit alors que Caulaincourt , usant de la latitude que lui donnaient ses pouvoirs , ne mît trop d’empressement à signer le traité. Il lui fit écrire qu’un changement brillant était survenu dans les affaires, que de nouveaux avantages se préparaient , et que le plénipotentiaire de la France pouvait prendre au congrès une attitude moins humiliée.

Le général Yorck, ayant laissé la division dii prince Guillaume de Pfwsse à Château -Thierry, en partit , et se porta à Viffort et Montfaucon. Sacken se mit en marche de la Ferté-sous-Jouarre. Depuis le combat de Champ-Aubert, l’armée de Silésie était séparée en deux. L’Empereur était le maître de se porter sur l’une ou l’autre moitié.

Le 1 1 , à cinq heures du matin , il partit de Champ- Aubert avec le corps de Ney et la cavalerie de la garde. Mortier parfit de Sézanne. Marmont resta à Etoge pour couvrir le mouvement et observer Blücher. A dix heures, l’Empereur arriva à Montmirail, où il trouva Nansouty en position, observant Sacken , qui débouchait de Vieux-Maisons. Les divers corps français, retardés par les mauvais chemins, n’étaient pas encore arrivés. Il importait de prévenir

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