CHAPITRE XCVII
la réunion deSacken et d’Yôrck. Sacken avait vingtdeux mille hommes, l'Empereur en avait dix -huit mille.
S’apercevant qu’il avait été prévenu à Montmirail, Sacken ne voulut pas moins forcer le passage. Le combat s’engagea avec un avantage égal jusque vers deux heures. L’Empereur fit attaquer par la division Michel les- hauteurs de l’Epine-aux-Bois , clef de la position ennemie. Friant, à la tête de quatre bataillons, s’élança contre l’extrême gauche des Russes par la ferme des Greneaux; le combat s’engagea corps à corps. I^a division Guyot des dragons de la garde se rabattit par la grande route sur les derrières de l’ennemi et décida le succès. L’infanterie russe fut eufoncée et sabrée. L’ennemi se jeta en désordre à travers champ pour gagner la route de Château-Thierry, avec perte d’une partie de son artillerie.
Le combat continuait à la gauche. Le village de Marchais , pris et repris trois fois , était resté aux Russes. L’Empereur envoya le général Defrance, avec les gardes d’honneur, par la route de laFerté; il se rabattit, sur les derrières du corps de Szerbatow. En même temps , deux bataillons de la division Michel, conduits par le maréchal Lefebvre et le général Bertrand, abordèrent le village de Marchais. Il fiit enlevé. Le corps de Szerbatow fut mis en déroute et poussé sur le bois de Nogent.
Yorck chercha à dégager le corps de Szerbatow, et fit avancer la division Pirch sur la route de Châ-
5a8 EMPIRE. AN 1814.
teau-Thierry. L’Empereur lui opposa Mortier arec six bataillons de la division Michel ; les Prussiens furent enfoncés , rejetés sur Fontenelle, et culbutés. La nuit mit fin au combat. Les Busses perdirent dans cette journée trois mille hommes tués ou blessés, sept cents prisonniers, vingt canons et deux cents caissons ; les Prussiens , six canons et environ neuf cents hommes; les Français, dix-huit cents. L’armée bivouaqua sur le champ de bataille.
Pendant le combat de Champ- Aubert, l’Empereur avait envoyé l’ordre à Macdonald, qui s’occupait au camp de Meaux de renforcer son armée, de pousser les corps ennemis qui étaient devant lui , et que le mouvement des Français devait rappeler. Il se contenta de faire passer la Marne au général Saint- Germain avec deux mille quatre cents hommes nouvellement montés. Il fit quelques prisonniers, poussa vers Montmirail et arriva , le la au matin , à Vieux- Maisons.
Les Russes et les Prussiens étaient en pleine retraite sur Château-Thierry. L’Empereur se mit à leur poursuite. Toutes leurs positions furent forcées. Le corps de Sacken avait passé la Marne, celui d’Yorck était entassé en désordre, au pied du coteau de Nesles et dans le faubourg. Il fut chargé par le général Guyot , à la tête de l’escadron des grenadiers à cheval de service. Deux bataillons prussiens se portèrent en avant pour couvrir le passage de la Marne. Le général Petit , avec deux bataillons de grenadiers, les culbuta sur les ponts, où ils mirent le feu. Pen-
Digitizf j by GoogI