CHAPITRE XCVII
(lant toute la journée, la ville fut livrée au pillage.
La perte de l’ennemi fut de plus de trois mille homme», dont deux mille prisonniers, et de six canons. Plus de deux mille fuyards, qui ravageaient et incendiaient les campagnes , furent exterminés par les habitans. Il ne se serait peut-être pas sauvé un homme des corps de Sacken et d’Yorck, si Macdodonald, au lieu de ne détacher, le 10’, de La Fertésous-Jouarre, que le général Saint-Germain avec deux mille quatre cents hommes, était parti luiméme avec ses huit mille pour Château-Thierry, où il pouvait arriver le 1 2 , de bonne heure.
Les Prussiens et les Russes marchèrent toute la ' nuit, et prirent position, le 1 3 au matin, près d’Oulchy, derrière l’Ourcq. L’Empereur fit réparer les ponts ; l’armée passa la Marne ; il envoya Mortier à leur poursuite; ils avaient une marche d’avance, on ne put que ramasser quatre cents traîneurs. Yorck se retira à Fismes, et Sacken à Fère en Tardenois.
Blücher était resté tranquille à Bergères pendant le combat de Montmirail , croyant l’armée française en retraite sur Sézanne. Le 1 3 , il se mit en mouvement, avec vingt -deux mille hommes, et quatrevingt-quatre pièces d’artillerie. Après avoir échangé quelques coups de canon, Marmont se retira en bon ordre sur Fromentières. Ziethen resta devant lui, et Blücher, avec le restant de ses troupes, occupa Champ-Aubert. Averti , le soir , de ce mouvement , l’Empereur laissa Mortier au - delà de la Marne pour observer les corps de Sacken et d’Yorck,
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t't dirigea ses forces sur Monttnirail , augmentées de la division Levai , de l’armée des Pyrénées , anivée à Sézanne. " * ^
Le i4 au matin, l’Empereur partit de Château- Thierry avec le corps de Ney et de la cavalerie de la garde. Marmont, qui continuait sa retraite, reçut l’ordre d’arrêter son mouvement et de reprendre l’offensive. L’Empereur arrivait avec ses troupes , et se porta aussitôt en avant.
Il avait dépassé Vauchamps, lorsque la division Ziethen commença l’attaque contre Marmont; elle fut culbutée en désordre au-delà du village, avec une grande perte. Un bataillon , qui s’était jeté dans une ferme, posa les armes. Le 6® corps occup Vaucbamps. Ziethen se reforma en arrière. La cavalerie de la garde s’engagea avec la sienne et l’enfonça. Blücher déploya ses colonnes, le corps de K.leist à droite , celui de Rapczewicz à gauche. Mais, croyant avoir devant lui cinquante mille Français commandés par Napoléon , il se décida à la retraite, et la fit en bon ordre jusqu’à Janvilliers , où il arriva vers deux heures. Alors la cavalerie de Grouchy se rabattit sur les Prussiens , enfonça plusieurs carrés, prit environ mille hommes, fit poser les armes à deux bataillons refoulés à Janvilliere , et s’empara de quatre canons et cinq caissons. Une charge ordonnée sur la gauche de l’ennemi ne fut pas aussi heureuse ; les grenadiers à cheval ne firent que cinq cents prisonniers. Grouchy continua son mouvement sur la droite des Prussiens pour les