CHAPITRE XCVlf
'et y plaça le général Moreau avec quinze cents hommes de vieilles troupes.
Depuis quel’EmperetiravaitquittéNogentjSchwarzenberg avait fait des progrès sur la Seine. Les 8 et 9 février, le corps de Wittgenstein passa la Seine à Mery; }e lo, Schwarzenberg, informé du mouvement de Napoléon sur Sézanne , et ayant entendu la canonnade de Champ- Aubert, se décida à reprendre l’offensive et à s’avancer en deux colonnes sur les deux rives de la Seine. <r . . i: ' î >
Dans la nuit du loau 1 1, le maréchal Victor laissa à Nogent le général Bourmont avec douze ^ cents hommes, et fit repasser la Seine à son armée. Quoique les travaux de défense fussent incomplets, et que la ville ne pût faire une sérieuse résistance, la garnison repoussa trois attaques faites, le ii, par les généraux Pahlen et Hardegg; Bourmont y fut blessé, le colonel Voirol, du i8*, le remplaça.
Le même jour, le prince de Wurtemberg jetait des obus dans la ville de Sens, défendue par le général Allix; l'ennemi s’y introduisit par une issue qui lui fut indiquée. Après s’étre battu de rue en rue, Allix repassa le point de l’Yonne, avec la garnison, dans le meilleur ordre. Auxerre fut emporté d’assaut par la division Lichtenstein; la plus grande partie de la garnison, forte seulement de trois cents hommes, y périt.
Schwarzenberg ayant reçu l’avis du combat de Champ-Aubert, se détermina à faire un mouvement de flanc sur Sézanne, pour venir au secours des corps
;v54 EMPIRE, AN 1814.
(VYorck et de Sacken. Le la, Pafalen attaqua No < gent. Il enleva quelques maisons avancé^ et incendia la ville ; il ne put y pénétrer; la fusillade dura jusqu’au soir.
Informé de la prise de Bray, Victor ordonna au colonel Voirol d’évacuer Nogent, et se replia luimême; Wittgenstein voulut s’opposer à la retraite de la garnison. Après quarante heures de résistance, Voirol la ramena en bon ordre à la droite de la Seine et ût sauter le pont. Elle perdit quatre cents hommes et l’ennemi plus de dix-huit cents. Un historien étranger de cette campagne, Plotho, dit que le nom du colonel Voirol appartient à l’histoire militaire comme un exemple de ce que peuvent un courage calme et intrépide et une volonté ferme.
Le i3, l’ennemi s’avança sur tous les. points sans aucun évènement digne dë remarque , qu’un combat assez vif à Luisetaines entre les 'Bavarois et le général Gauthier, qui y fut grièvement blessé. Schwarz zenbei^ fut prévenu, par Blücher, de l’échec des corps d’Yorck et de Sacken. Cette nouvelle amena des - modifications dans son plan d’opérations, d’après lesquelles son armée devait se trouver en ligne, le i5,deProvinsàMontereau,età cheval sur la Seine.
L’Empereur, informé par Victor et Oudinot du passage de la Seine par l’ennemi, donna l’ordre à Macdonald de marcher à leur secours pendant que lui-même battrait Blücher. Le, maréchal partit de Meaux, et arriva, le i4 au matin, à Guignes, avec environ neuf mille hommes.