CHAPITRE XCVII
Biaiichi attaqua Montereau, que couvrait Ailix avec sa faible division , et l’occupa dans la soirée. Hardegg entra dans Fontainebleau, qui avait aussi été abandonné. Giulay dépassa Pont-sur-Yonne. Les progrès de l’ennemi, sur la Seine, détruisirent l’effet des succès obtenus par l’Empereur contre Blücher, et jetèrent l’alarme dans Paris. La mauvaise organisation de la garde nationale produisit alors ses fruits. Créée depuis plus d’un mois, à peine commençaitelle son service. Après une revue des grenadiers,' passée le 1 1 février parle roi Joseph, ils occupèrent un poste d’honneur dans l’intérieur du palais des Tuileries.. A défaut de fusils d’ordonnance, on autorisa les chefs de légion à former, dans chaque compagnie, une ou plusieurs sections de tirailleurs, avec les gardes nationaux exercés à la chasse et munis de fusils à deux coups. Les tirailleurs porteraient les épaulettes et pompons verts, et pourraient être habillés en veste ou en capote, mais uniformes dans la même section.
Quant aux trente ou quarante mille ouvriers qui auraient défendu la capitale ou marché à l’ennemi, ils n’étaient point armés. La plupart des hommes que le pouvoir avait imposés comme chefs aux légions n’étaient pas même capables d’imprimer une action énergique à la garde nationale. On ne sut pas en obtenir une escorte pour des prisonniers de guerre depuis Meaux jusqu’à Versailles. Ce fut avec peine quelle fournit des détachemens pour recevoir, hors de la barrière, huit mille prisonniers que l’Eni-
pereiir jugea à propos de faire promener dans Paris; parade plus qu’inutile, car, au lieu de relever l’esprit public, elle donna aux partisans de l’étranger l’occasion de se montrer humains et généreux, comme pour se le rendre d’avance favorable.
Le roi Joseph, lieutenant de l’Empereur,* fit replier les maréchaux et le général Pajol sur l’Yères. Le il 5 au matin, l’armée française de la Seine était presque aux portes de Paris; le général Treilhard, qui arrivait des Pyrénées, marchait sur Fontainebleau.
Schwarzenberg n’était qu’à uue marche de la capitale. Le i5, il reçut la nouvelle de la défaite de Blücher à Vau champ et prit l’épouvante; Un conseil de guerre fut tenu ; il y fut décidé que l’armée austro-russe se replierait jusqu’à Arcis-sur-Aube, et que les corps de Wrède et de Wittgenstein marcheraient sur Sézanne et de là à Fère-Champenoise ou Sommesous : cette disposition ne fut qu’en partie exécutée. Dans la nuit , on reçut avis de BHicher cpie l’Empereur avait cessé de le poursuivre; Schwarzenberg reprit quelque confiance. Un nouveau conseil de guerre fut tenu , et' il fut résolu que l’armée resterait dans ses positioi’s, pour attendre le développement des manoeuvres de l’Empereur, et connaître le moment où l’armée de Silésie pourrait rentrer en ligne. '
Le 1 5 , l’Empereur laissa Marmont à Étoges pour observer les mouvemens de Blücher, Grouchy à Montmirail pour servir de réserve à ce maréchal et à Mortier; il envoya le général Vincent, avec un