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CHAPITRE XCVIII

Combat de Montereau. — Trahison ou faute de généraux. — Italie , suites de la défection de Murat. — Armée de Lyon ; impéritie d’Augereau. — Armée des Pyrénées; proclamation du duc d’AngouIéme. — Schwarzenberg à Troyes ; Blücher marche pour l'appuyer. — Napoléon se porte au-devant de lui. — Combat de Méry. — Schwarzenberg se retire derrière l’Aube. — Lichtenstein propose un armistice. — Préliminaires de paix des coalisés? — Commissaires pour l’armistice. — Napoléon à Troyes. — Punition de traîtres. — Progrès de l’intrigue bourbonienne. — Proclamation du comte d’Artois. — Opérations en Belgique , Bernadette. — Plan arrêté à Bar-sur-Aube par les coalisés. — Blücher marche sur la Marne. — Conférences de Lusigny. — Napoléon se porte 'sur la Marne. — Blücher se retire sur l’Aisne.

Napoléon apprenant , le 1 7 au soir, que Victor n’avait pas occupé Montereau, lui donna l’ordre impératif de l’attaquer le lendemain. Victor ne déboucha par Forges que vers neuf heures du matin. Jje combat se soutint jusqu’à midi avec perte du côté des Français; le corps de Gérard vint par Nangis; ce général reçut l’ordre de l’Empereur de prendre le commandement. Avec quarante pièces de canon, il maîtrisa l’ar-

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tillei'ie de l’ennemi , et fit beaucoup de mal à son infanterie. Il était deux heures, Napoléon arriva avec la garde , et ordonna à Duhesrae ^de renouveler l’attaque du coteau de Surville. Le prince de Wurtemberg se préparait à la retraite : les généraux Château et Pajol s’élancèrent sur les ennemis , les culbutèrent, les poussèrent l’épée dans les reins au travers du faubourg , et les acculèrent à la Seine , dans le plus grand désordre. Dubesme et Digeon, avec deux batteries de la garde, achevèrent d’y porter la confusion. Avant que les masses désordonnées de l’ennemi pussent s’écouler, la division Château parvint à la tête du pont, le nettoya, et empêcha l’ennemi de le faire sauter. Le combat de Montèreau

lui coûta trois mille morts ou bldisés, environ trois

mille prisonniers, six canons et quatre drapeaux. Les Français eurent près de deux mille hommes hors de combat; le général Château fut blessé à mort près du pont.'

Pendant l’action , Napoléon pointa lui-même des pièces , et commanda des décharges. Il répondit aux soldats qui murmuraient de ce qu’il s’exposait ainsi: « Allez, mes amis, ne craignez rien; le houlet qm me tuera n’est pas encore fondu. »

Le combat de Montereau fut un des plus brillaus de la campagne, mais il n’avait point rempli le but que ■s’était proposé l’Empereur , et ne décidait rien. Si le maréchal Victor se fût, comme il en avait l’»*^

* l! ne mourut que le 8 mai à Paris ^ Agé de 36 ans.

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