CHAPITRE XCVIll
pereur donna une nouvelle organisation à l’armée. Il pensa que le moment était venu de faire entrer l’armée de Lyon dans les combinaisons militaires.
■il On a attribué à l’Empereur le projet de faire venir, dès le principe , l’armée du prince Eugène sur Genève, pour se réunir au corps d’armée formé à Lyon , sous les ordres d’Augereau , reprendre la Suisse, jeter soixante mille hommes sur les communications des ennemis, et opérer avec cette masse, augmentée des populations insurgées de l’est, mais que, par diverses considérations, il y renonça.
Il est constant, au contraire, qu’au commencement de décembre l’Empereur comptait sur une diversion puissante en Italie, par le concours de l’armée napolitaine avec celle du vice-roi. Il recommandait à Eugène de faire au roi toutes les prévenances possibles pour en tirer le meilleur parti; en conséquence, Eugène envoya son aide-de-camp à Naples; mais Murat avait pris son parti.
En apprenant sa défection, l’Empereur s’écria : « Murat! mon beau-frère, en pleine trahison! Je savais bien qu’il était mauvaise tête , mais je croyais qu’il m’aimait. C’est sa femme qui est la cause de sa défection... Caroline! ma sœur! me trahir! Son armée est réunie à celle de Bellegarde. Murat faire tirer des coups de canon sur des Français! c’est abominable! c’est odieux! Le voilà le Beruadotte du midi; il a mystifié mes agens à Naples et à Rome; ce pauvre Miollis ne s’en doutait pas. Murat devenir l’homme des Autrichiens! il se perdra.. Il pouvait jouer un si IMPJRE. VI. 35
beau rôle! Son armée, réunie à celle du vice-roi, agissant de concert, pouvait faire une campagne superbe. Ils étaient plus forts que Bellegarde; leurs troupes étaient meilleures; une bataille gagnée sur les Autrichiens les menait aux portes de Vienne. Ils sauvaient la France et l’Italie. Préférer à ce beau rôle une alliance avec les Autrichiens! avec les Anglais! n
L’Empereur voulut essayer de ramener Murat, et lui envoyer Belliard. Ce général refusa cette mission , persuadé qu’elle serait sans succès , et préférant rester à l’armée ; l’Empereur en chargea Faypoult , ancien préfet.
Ce fut seulement lorsque l’Empereur ne put plus se faire illusion sur les^ dispositions de Murat, et que le roi eut traité avec l’Autriche, qu’il donna l’ordre à Eugène de se porter sur les Alpes aussitôt que le roi aurait déclaré là guerre à la France. Il réitéra cet ordre, de Nogent-sur-Seine , le 8 février. D’après ses intentions , le prince Eugène devait ne laisser aucune garnison dans les places dltalie, si ce n’était des troupes italiennes , et de sa personne venir avec tout ce qui était Français sur Turin et Lyon, soit par Fenestrèlles,soit par le Mont-Cenis.On lui annonçait que, dès qu’il serait en Savoie, il serait rejoint par tout ce quTl y avait de troupes à Lyon.
, Au moment où l’ordre était expédié à Eugène de ramener l’armée d’Italie, elle était aux prises avec
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