CHAPITRE XCVUI
les Autrichiens. La supériorité des forces de Bellegarde, les progrès de Nugent sur k rivé droite du Pô, la défection de Murat, la présence de ses troupes dans l’état de Modène, ne periUettaient plus k Eugène de'garder la ligne de l’Adige, il se retira donc derrière le Mincio. Le 8 février, il sortit de ses positions pour livrer bataille à Bellegàrde; toute son armée passa le fleuve. Mais dans le même moment, le général autrichien faisait ses dispositions pour attaquer Eugène Sin^ la Jive droite. L’engagement fut général, on se battit avec fureur pendatit tout le jour ; l’avantage resta aux Franco-Italietis ; les deux armées reprirent leurs positions.
Eugène envoya Grenier au secours de Plaisance que menaçait Nugent , suivi des Napolitains. Il chargea les Autrichiens et les rejeta sur le Taro; les NapoKtains aécoururent à leUt aidé, Grènier les poursuivit et les repoussa jusqu’à l’Enza. Nugent s’enferma dans PartUe^ Grenier Fattàqua et y entra lie vive force. Ta ville fut le théâtre d’ürt cotfibat long et sanglant; les Autrichiens furent mis en fnite après une grande perte.
En apprenant ces succès , le ministre de k guerre ne persista pas iVioins danS' FexéCution dé l’ordre donné, le g février , pdr l’Empereur' au prince Engène , de raméner son armée èiï France. Ge mouvement, cOmUiatidé péT les CîrcôttstanCès , devenait dte jôur étl jô(tr d'utré fl^esSité plus 'urgente. On espérait qu’il seconderait les opérations que le maréchal Angèreau avait eu ordrv d’entre-
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prendre avec les troupes qui se réunissaient à Lyon, et dont les dernières y arriveraient le a4 février. L’Empereur lui avait ordonné d’attaquer le général Bubna, qui, de Genève, avait poussé des colon- ' nés sur Bourg et sur Lyon, et qui, du poste des Echelles dont il s’était emparé, menaçait Grenoble, [.l’arrivée du prince Eugène à Chambéry ou à Grenoble devait décider bien vite du succès des opérations d’Augereau, et lui permettrait de se porter, par la Franche-Comté, sur les flancs et les derrières de la grande armée autrichienne, dont les têtes de colonne menaçaient à-la-fois Paris et Orléans. ‘
L’ordre de l’Empereur de ramener l’armée dltalie ne fut pas exécuté; on croit que le combat de Montereau changea ses idées. On ajoute que le lendemain ( 19 février), il expédia le colonel Tascher, qui depuis huit jours attendait, porter à Eugène l’ordre de continuer à occuper l’Italie; du reste, Eugène se flattait de s’y maintenir.
Dans les premiers jours de février, Bubna songea à renouveler son expédition sur Châlons, pour se mettre en communication avec les Autrichiens à Dijon. Après un combat assez vif, il occupa cette ville. Ses troupes, au nombre de dix-neuf mille hommes , étaient disséminées depuis la première de ces villes jusqu’à Genève. Le 1 5 février, la tête des troupes de la Catalogne arriva à Lyon. Les généraux Marchand et Dessaix avaient organisé une petite
* Lettre du ministre Clarke, du 17 février.
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